04/11/2009

Les théories de l'apprentissage.

entons de travailler avec les apprenants plutôt que de nous acharner à agir sur eux ..... Un scénario qui tient compte de l'apprenant, être global.

    Assurons la mise à jour de nos connaissances sur ce qu'est apprendre si nous ne voulons pas rester prisonniers de nos vieux schèmes, de nos vieilles croyances. Nos connaissances sur la façon dont le cerveau fonctionne et, par conséquent, sur la façon dont une personne apprend ont beaucoup évolué grâce surtout aux progrès réalisés dans les sciences cognitives et à l'apport des découvertes amenées par les neurosciences .... ( voir D. Sousa dans la rubrique généralités).

    De la même manière qu'il est impossible d'imaginer un médecin qui refuserait de prendre en considération les découvertes de la biologie pour soigner les malades, il est impensable que les formateurs ne cherchent pas à intégrer à leur pratique les découvertes des sciences cognitives et des neurosciences pour faire apprendre leurs apprenants.

APPRENDRE !!

    Le petit enfant apprend généralement avec beaucoup d'aisance à marcher et à parler, des activités complexes lorsqu'on analyse les mécanismes. Pourquoi la scolarité qui suit n'est-elle pas aussi facile ? L'apprentissage peut-il se faire autrement que dans la douleur ?

    Notre conception du " comment apprendre " repose sur un certain nombre d'habitudes mentales que nous remettons rarement en cause. Certes, nous avons bien le sentiment d'apprendre souvent mal, que tout apprentissage demande beaucoup de temps, d'argent et d'effort douloureux ; mais il ne nous semble pas y avoir d'autres choix que d'apprendre comme nous avons toujours appris. Et l'on demandera plus d'heures d'enseignement ou de formation, plus d'argent, plus de personnels ... mais rarement une autre manière d'apprendre, d'enseigner ou de former. Apprendre ressemble à un jeu aux règles bien établies dont nous pouvons certes, changer certains éléments. Mais on n'imagine pas de jouer à un autre jeu, c'est-à-dire d'apprendre autrement, avec une structure d'apprentissage différente. Et puis, n'est-ce pas, " on n'en est pas mort ", et " le système a fait ses preuves ", ... etc ...

    Rien de plus difficile que " de casser la répétition " d'un système d'apprentissage certes pratique mais qui a de terribles lacunes ( voir le pourcentage d'échecs scolaires !!!!). Prenons le risque d'essayer.

    Mais peut-on imaginer une autre structure d'apprentissage qui fonctionne mieux, pour l'adolescent scolarisé comme pour l'adulte ? Il semble que oui. En fait, il ne s'agit pas d'une " méthode " pour mieux apprendre mais d'une structure plus naturelle et - osons le mot - plus humaine pour apprendre.

    1.  La qualité de la relation entre le formateur et l'apprenant reste l'élément primordial de la réussite des apprentissages ( voir Sousa dans la rubrique "Généralités").

    2.  On apprend avec les autres :

         A.  L'apprenant construit ses connaissances dans l'interaction et au contact des autres " Mon "je" est la somme des "tu" entendus.

        B.  D'où travail en groupes : partage des compétences, des collaborations, coopération et émulation.

    3.  Tout le monde n'apprend pas de la même façon ( voir rubrique échecs scolaires) :

        A.  l'apprenant moyen est toujours absent, bien sûr ; l'apprenant idéal est une utopie, mais cela vous savez déjà !!

        B.  Toutes les manières d'apprendre décrivent des démarches dont la diversité correspond non seulement à la diversité des projets, donc des contenus d'apprentissage, mais aussi à la diversité des personnes et à leur manière d'apprendre.

        C.  Spécialisation des hémisphères du cerveau :

                hémisphère gauche : analytique - rationnel - séquentiel - verbal - chronologique - abstrait.

                hémisphère droit : intuitif - synthétique - global - concret -relationnel.

     L'enseignement étant linéaire, séquentiel et les matières étudiées s'appuyant sur la parole et les chiffres, l'école s'est tout naturellement appuyée sur l'hémisphère gauche pour former les gens dont l'Etat et les industries avaient besoin en ces temps-là .... Mais aujourd'hui les ordinateurs font cela très bien et le monde du travail réclame de l'homme ce qu'il est le seul à pouvoir lui donner : imagination, créativité et inventivité. Allons-nous encore longtemps négliger la moitié de notre potentiel et laisser se scléroser tout le volet droit de nos facultés ?

        D. Utilisation des différents styles d'apprentissage pour les auditifs, les visuels et les kinesthésiques. Ce qui nécessite des variations dans la façon d'introduire les notions et la traduction des informations dans les deux langages :

        *  En utilisant au maximum des supports visuels ( 85 % de la perception ).
        *  En notant au tableau les moments et les éléments importants de l'activité.
        *  En changeant de canal lorsque l'on réexplique pour ceux qui n'ont pas compris.
        *  En représentant graphiquement ce que l'on a dit ou entendu.

     4.  Tout le monde n'apprend pas au même rythme (voir aussi échecs scolaires).

        *  Accorder plus de temps aux apprenants pour effectuer leurs apprentissages.

        *  Utiliser des programmes d'enseignement individualisé qui cependant dégagent des effets pervers :

          $  Isolent l'apprenant plutôt que favorisent les interactions.
          $  Conditionnent plutôt que rendent autonomes.
          $  Enferment dans un cheminement tout tracé plutôt qu'encouragent la découverte.

        L'important est ici :

          $  D'être sensible aux différences.
          $  De découvrir quelles sont ses propres préférences.
          $  D'apprendre à présenter les contenus d'apprentissage de nombreuses façons afin que tous les apprenants (visuels - auditifs - kinesthésiques) puissent s'y retrouver. En fait, la question qui se pose au formateur est de savoir comment organiser une démarche de formation, une succession de situations qui coïncident le mieux possible avec la démarche d'apprentissage spontanée de l'apprenant. Et la question qui se pose à l'apprenant est de savoir comment utiliser au mieux les situations qui lui sont proposées.

     5. Apprendre :

        A. Requiert une activité de la part de la personne qui apprend, ou, si on veut, l'apprentissage est avant tout l'affaire de l'apprenant qui construit ainsi des connaissances et des concepts.

        B. C'est établir des liens entre les nouvelles connaissances et celles qu'on a déjà en modifiant ainsi ses représentations. C'est découvrir et établir des liens entre les données dont on dispose déjà et des données nouvelles, en vue d'une réalisation qui correspond à l'objectif d'apprentissage que l'on a fait reformuler par les apprenants : " Que cherchez-vous à acquérir ? ".

    Pour cela, l'apprenant doit être actif intellectuellement et physiquement, sans pour cela faire un examen systématique des résultats, pour manipuler - comparer - rassembler - dessiner - écrire - chercher - analyser - discuter - s'interroger - réfléchir.

    Ici, les apprenants doivent associer les nouvelles données à leurs connaissances antérieures dans une réorganisation complète de leurs savoirs antérieurs et non par simple addition de ceux-ci. L'utilisation de schémas, des tableaux, des cartes, des graphiques, des analogies et des métaphores seront, dans ce sens, des stratégies très efficaces pour les aider à établir des relations entre l'information nouvelle et leurs expériences.

        C. C'est voir à quoi pourraient servir les nouvelles connaissances. C'est l'activité la plus banale, celle que nous pratiquons le plus couramment. C'est acquérir une familiarité avec une situation qui fait qu'il n'y a plus d'hésitation lorsqu'on s'y trouve confronté, qui fait que nous pouvons même prévoir ce qui va se passer lorsque nous agissons d'une certaine manière.

        Une connaissance apprise est utilisable dans tous les contextes :

          *  Celle qui ne servirait qu'à répondre à un examen et encore un examen portant sur la matière dans laquelle elle a été étudiée, ne peut être considérée comme acquise.

          *  Y penser au moment où on entreprend l'apprentissage ne peut que susciter un engagement plus grand de l'apprenant, puisqu'il verra à quoi cette connaissance peut servir en même temps qu'il apprend à s'en servir.

        D. Apparaît comme un moyen de satisfaction d'un besoin quelle qu'en soit son origine, comme la réponse à une volonté d'acquérir un savoir-faire nouveau. Apprendre est une manière de changer notre rapport au monde, dans le sens de ce que nous pensons être pour nous d'une plus grande efficacité.

        E. C'est tirer profit des actions que l'on engage pour créer de nouveaux modes d'action ou pour améliorer ceux dont on dispose déjà. Cette création ou cette amélioration peuvent se faire soit par conditionnement ( exercices) ou par intervention consciente ( raisonnement - imagination ).

        F. C'est toujours être impliqué et se dégager progressivement de cette implication première pour accéder à l'abstraction ; c'est un parcours singulier que personne ne peut faire à notre place.

        G. C'est avoir un projet et mettre en oeuvre l'opération intellectuelle requise par l'objectif ainsi qu'utiliser les procédures personnelles les plus efficaces pour soi.

        H. N'est possible que s'il y a interaction entre l'organisme et son environnement, et dans le dialogue avec soi-même.

    6. On apprend à partir de ses représentations. Les apprenants ont des conceptions personnelles pour expliquer un certain nombre de phénomènes. ( Voir aussi obstacles épistémologiques, noeuds de difficulté, facilitateurs et inhibiteurs d'apprentissage ).

        EX. : le thermos - le frigidaire.

    7. Pour apprendre, l'apprenant doit maîtriser sa démarche d'apprentissage c'est-à-dire avoir une meilleure connaissance de sa manière habituelle d'apprendre. Beaucoup d'apprenants n'apprennent pas parce qu'ils ne savent pas comment s'y prendre : comment tu t'y es pris pour faire cela ?, qu'est-ce que tu as retenu de cela ?, est-ce que tu pourrais faire cela autrement ? ..... c'est la métacognition.

    Faire sortir les " Comment des pourquoi " ou les " pourquoi des comment " ou encore " démonter les mécanismes ".

    8. On apprend mieux quand on est dans un environnement stimulant c'est-à-dire que toutes les ressources du monde moderne doivent être mises à contribution. Piaget a magistralement montré et démontré une fois pour toutes que l'apprentissage véritable ne peut être que le résultat d'une expérience personnelle, d'une démarche active, autonome qui prend ses racines dans les gènes.

Piaget, Jean ( 1896 - 1980 ). Psychologue suisse et biologiste de

Jean Piaget.jpg

formation, il occupe une place exceptionnelle dans l'histoire de la psychologie et de l'épistémologie. Ses travaux ( plus de 700 publications dont une soixantaine de livres ) sur la construction de l'intelligence en font un des plus grands psychologues du 20ème siècle. A travers ses nombreux ouvrages, Piaget démontre magistralement que la pensée du jeune enfant a une structure différente de celle de l'adulte cultivé. De ce fait, ses opérations intellectuelles ( sa logique ) et sa mentalité ( contenu de sa pensée ) sont originales et méritent donc d'être étudiées scientifiquement. Il a été le seul professeur suisse à être invité à enseigner à la Sorbonne de 1952 à 1963. Il fondera, en 1955, le Centre International d'Epistémologie génétique qu'il dirigera jusqu'à sa mort. En observant les enfants ( jeux et activités provoqués ), il remarque que le développement de la pensée et du langage de l'enfant ne se fait pas d'une façon continue mais passe par des stades de développement intellectuels bien définis. A travers les différentes recherches qu'il a menées en étudiant la logique de l'enfant, il a pu mettre en évidence d'une part que celle-ci se construit progressivement, en suivant ses propres lois, et d'autre part, qu'elle évolue tout au long de la vie en passant par différentes étapes caractéristiques avant d'atteindre le niveau de l'adulte. La contribution essentielle de Piaget à la connaissance a été de montrer que l'enfant a des modes de pensée spécifiques qui le distingue entièrement de l'adulte

( donc l'enfant n'est pas un adulte en miniature .... Peut-être que l'institution scolaire ferait bien de s'en inspirer !!!! ). En compagnie de sa plus fidèle collaboratrice - Barbel Inhelder -, Piaget a poursuivi toute sa vie le même but : construire une théorie de la genèse des connaissances. Il cherche à répondre à la question : " Comment les connaissances viennent-elles aux individus ? ". Sa réponse, c'est le constructivisme : les connaissances ne sont pas transmises par quelqu'un " qui sait " vers quelqu'un " qui ne sait pas ", elles ne viennent pas des sensations comme le prétendent les associationnistes, elles sont construites par l'individu par l'intermédiaire des actions qu'il accomplit sur les objets. Ses travaux relatifs à la notion d'intelligence ont permis de distinguer trois stades principaux : 

    1. Le stade de l'intelligence intuitive ( 18 mois à 7-8 ans ), l'enfant reste attaché à ses perceptions successives qu'il ne sait pas encore mettre en relations réciproques. Le cours de sa pensée va dans une seule direction l'enfant tenant compte de ce qu'il voit ou fait au fur et à mesure que se déroule l'action sans pouvoir revenir en arrière ( pensée non réversible ), caractérisée par l'absence de la notion de conservation.
    EX. L'enfant ne comprend pas qu'une quantité de liquide reste la même malgré son apparence différente quand on la transvase d'un récipient large dans un récipient étroit.
    2. Le stade des opérations concrètes ( 7 à 11-12 ans ) où
l'enfant peut se libérer des aspects successifs de ce qu'il perçoit pour distinguer à travers le changement, les invariants. Il peut coordonner divers points de vue et en tirer des conséquences mais sa pensée reste concrète en ce sens qu'elle ne porte que sur des objets manipulables. Donc, il ne peut encore raisonner sur des énoncés verbaux, encore moins sur des hypothèses.

    3.Le stade des opérations formelles ( à partir de 11-12 ans ), l'enfant devient capable de construire un raisonnement basé sur des hypothèses ou des propositions, raisonnement hypothético-déductif et non plus sur des objets posés sur la table ou facilement imaginables.

    Les défis proposés doivent être à la mesure des apprenants en provoquant un déséquilibre psychologique. Ils doivent être assez élevés pour susciter l'intérêt des apprenants et montrer que les formateurs ont confiance en eux. Mais ces défis doivent être atteignables avec de l'aide et du soutien c'est-à-dire juste un peu plus loin que ce que les apprenants peuvent faire seuls ( Voir aussi zone proximale de développement - Vygotsky).

    Lev Semionovitch Vygotsky ( 1896 - 1934 ). Le Mozart de la pédagogie en référence à sa brève existence et à son génie. Philosophe et pédagogue russe, Vygotsky est né à Orcha, aujourd'hui en Biélorussie. Il fait ses études à l'université de Moscou. Ensuite, professeur à l'institut pédagogique de Moscou, il crée un laboratoire de psychologie pour étudier les jeunes enfants et publie en 1926 " Psychologie pédagogique ".  

Il se passionne, tout comme Piaget, pour les problèmes de développement de l'enfant et la construction " de la pensée ". Il a introduit la notion de développement intellectuel de l'enfant comme une fonction des groupes humains plutôt que comme un processus individuel. Ses contributions sont estimées actuellement par les tenants du socio-constructivisme comme primordiales. Mais ses travaux, ses idées longtemps occultés par le stalinisme ne parvinrent aux Etats-Unis que trente ans après sa mort. Une traduction française tardive ne le fera connaître du public francophone qu'en 1985. Pour Vygotsky, l'enfant est d'abord un être social ( interactionnisme social ). Le développement de sa pensée, de son langage, de toutes ses fonctions psychiques supérieures est le fruit d'une interaction permanente avec le monde des adultes : la famille et l'école sont, pour lui, les lieux privilégiés de cette évolution. En accord avec Piaget sur une conception du développement par stades successifs hiérarchisés, il estime que le développement cognitif peut subir une véritable accélération grâce à l'intervention de l'adulte qui par sa médiation lui donne accès à des formes de représentations plus élaborées, et donc à des processus de pensée plus raffinés. Pour expliquer l'effet d'une bonne médiation, Vygotsky avance le concept clé de son travail et sans doute le plus important : à savoir celui de zone proximale de développement ( ZPD ) qui décrit l'espace conceptuel entre ce que l'enfant peut apprendre de lui-même et ce qu'il peut apprendre avec l'aide d'un adulte. La ZPD est donc tout ce que l'enfant peut maîtriser quand une aide appropriée lui est donnée.. Décédé prématurément à l'âge de 38 ans, ses écrits ont été censurés dans son pays, et " négligés "à l'Ouest, jusqu'à ce que certaines orientations de la recherche occidentale permettent une relecture attentive et une convergence générale.

   Toutes les approches qui participent d'une pédagogie de projet sont à exploiter et doivent être encouragées car elles donnent du sens aux connaissances et explorent divers champs du savoir.

    9. Apprendre, c'est tendre vers un but. Les apprenants doivent avoir le sentiment que ce qu'on leur propose d'apprendre leur sera utile dans leur vie actuelle ou future. Plus on favorisera l'émergence de sens dans la tête de l'apprenant, plus on suscitera son engagement, sa participation et sa persévérance.

   Quand on se fixe un objectif, on est prêt à consacrer ses efforts à la réalisation d'un travail scolaire ou autre qui a alors du sens. ( Voir aussi sens et pertinence et le fonctionnement du cerveau chez David Sousa ).

     10. On apprend lorsque la relation avec les personnes et la relation avec le savoir sont maximales. L'ambiance, le climat chaleureux et aidant dans lesquels se situera l'action constitueront des facteurs déterminants de réussite et de qualité.

    Est-il possible d'enrichir ces deux types de relations ?

    Sachant que l'on apprend mieux lorsqu'on est actif ou qu'on interagit avec d'autres personnes, pourquoi dès lors favoriser la plupart du temps une communication à sens unique et le travail individuel ? Pourquoi se contenter de si peu de ressources pour faire apprendre les apprenants, alors qu'il y a dans l'école et dans le milieu du matériel, des outils et des services qui pourraient être mis à profit ainsi que des personnes compétentes auxquelles on pourrait faire appel ? Pourquoi se limiter à un champ d'action restreint et à des moyens somme toute assez pauvres ? Pourquoi accepter en ce début de 21ème siècle de travailler avec les moyens des 17ème et 19ème siècles ?

    Les moments dans le déroulement d'un apprentissage.

    Un apprenant est en phase d'apprentissage à partir du moment où il y a intention d'acquérir un savoir et tant que le résultat escompté n'est pas acquis, aussi longtemps que la finalité recherchée constitue effectivement quelque chose qui tient à coeur à l'intéressé.

    Lorsque nous regardons agir un enfant, avant son entrée dans le monde scolaire, nous trouvons normal de le voir se développer globalement. Puis, petit à petit, nous commençons à décortiquer ses apprentissages. Nous parlerons du développement des aspects physique, cognitif, social et spirituel. En théorie, personne ne peut réfuter le fait que ces différents éléments forment un tout. En pratique, c'est moins évident. Plus l'enfant grandit et plus les apprentissages sont axés sur le développement des connaissances. L"enfant, l'adolescent après son intégration à l'école, en vient à séparer ses connaissances de son expérience de vie. Le réinvestissement des apprentissages dans sa vie n'est dès lors pas évident.

     Questions ?

        1. Comment créer un enseignement et un apprentissage axés sur l'apprenant considéré comme un tout quand les programmes et les objectifs sont conçus de façon morcelée ?

        2. Comment respecter alors la démarche pédagogique des programmes qui veut justement rejoindre l'apprenant dans sa totalité ?

    Quelle est la solution la plus cohérente ?

        N'est-ce pas l'intégration des objectifs et des contenus de plusieurs matières dans une démarche commune : le projet ?

   Le projet : le fait d'apprendre à l'intérieur d'un projet est un élément de motivation chez l'apprenant. Le projet montre l'importance et l'utilité des apprentissages proposés. Le projet nécessite que l'apprenant fasse appel à toutes les facettes de son être global. Le projet rassemble à la fois origine et finalité de l'apprentissage. In fine, le projet constitue une avenue intéressante.

    La saisie des données : ces données sont confrontées à des connaissances antérieures et remaniées selon ce que l'apprenant veut en faire. La réussite de l'apprentissage est donc en rapport avec la connaissance que l'apprenant peut avoir des buts que l'on poursuit.

        EX. lors de la lecture d'un texte, ce que nous retenons dépend de l'utilisation que nous voulons en faire.

    Le traitement des données ou l'élaboration d'une réponse.

    La mise en mémoire ou l'expression des résultats.

    Ces trois moments sont nécessaires. L'un ou l'autre d'entre eux peut constituer le point de départ de l'apprentissage et il est utile en cas de difficulté de rechercher quelle phase a été éventuellement négligée.

    Il y a apprentissage si et seulement si les essais, qui aboutissent à des réussites ou des échecs, font l'objet d'une analyse ( évaluation ) qui permet de tenir compte de ces résultats pour une amélioration de l'action.

    C'est l'apprentissage réussi qui est véritablement éducatif.

    $  Parce que la connaissance outille l'individu et se répercute sur sa personnalité toute entière.

    $  Parce que un rapport humain qui s'établit sur des bases claires, contractuelles, aux termes desquelles un objectif est posé, des moyens sont donnés, une évaluation est prévue, permet à l'apprenant de mieux comprendre et maîtriser sa propre existence.

    $ Si je sais ce que j'ai appris, et si je peux le pointer lucidement, le séparer des conditions et des personnes qui ont permis cet apprentissage alors j'ai quelque chance d'accéder à l'autonomie et d'exercer ma liberté.

     En revanche, si

     $  J'ignore ce que j'ai acquis, si je confonds le savoir et le formateur, la connaissance et la méthode alors je perds toute chance de pouvoir jamais m'approprier ce savoir, l'utiliser autrement et ailleurs ; je reste à jamais dépendant.

      $ J'améliore ma manière de faire par la simple pratique des essais suivis de réussites ou d'échecs, sans introduire de réflexion systématique sur la manière de faire alors je suis simplement conditionné.

     Apprentissage par groupes de besoins.

   On place en parallèle une partie de l'emploi du temps de plusieurs classes dans une même discipline ; ainsi trois formateurs tout en gardant la responsabilité de leur propre classe, se trouvent avoir cours de mathématique, à la même heure, dans des salles contiguës, une fois par semine avec trois groupes d'apprenants différents.

 Les formateurs :

      *  Etablissent une programmation commune.
      *  Construisent ensemble des épreuves d'évaluation.
      *  Analysent ensemble les résultats.
      *  Répartissent les apprenants en fonction de leurs besoins.
      *  Se spécialisent dans les apprentissages correspondants aux déficits relevés.

Intérêt :

      *  Extrême souplesse.
      *  Peut être utilisé partout dans l'institution scolaire.
      *  Peut avoir lieu systématiquement ou à certaines occasions.
      *  Loin de représenter un nivellement par le bas, ce mode de fonctionnement évite les lourdes pertes de temps infligées à la fois à ceux qui progressent plus vite et ne sont plus contraints de subir les explications sur ce qu'ils ont déjà compris et à ceux qui, parce que la démarche ne leur est pas accessible, s'ennuient dans l'incompréhension.
      * 
L'essentiel, c'est la recherche en commun par un groupe de formateurs des besoins de leurs apprenants à un stade donné de leur progression et à l'élaboration de stratégies diversifiées pour y répondre.

 Le contrat pédagogique.

    C'est le contrat qui s'établit plus ou moins explicitement entre les apprenants, les formateurs, les parents et la direction et qui situe la relation d'apprentissage dans un climat affectif valorisant afin de pouvoir écouter l'apprenant et l'aider à percevoir clairement la tâche, à comprendre les consignes, à rechercher la stratégie pertinente et à s'auto-évaluer.

    C'est donc un engagement réciproque qui implique toute la communauté éducative et dans lequel il est bon que tous les intervenants s'y reconnaissent comme parties prenantes et en interaction.

    La formule du contrat pédagogique engage donc la responsabilité respective de l'apprenant, des parents et du formateur dans la poursuite des objectifs fixés au cours de la consultation pédagogique.

    Ce document écrit est signé par les parties en présence : l'apprenant - les parents - les formateurs - la direction. Il est convenu pour une durée et une période données. Il matérialise les engagements pris par rapport au bon fonctionnement de l'institution scolaire où chaque formateur s'efforce par diverses stratégies pédagogiques et didactiques à redonner force et vie aux valeurs scolaires pour parvenir à la réalisation d'objectifs réalistes et concrets.

    Le contrat est renégociable : il peut être modifié et ou prolongé à tout moment.

   Exemple 1.

   Contrat :
   Date :

   Nom de l'apprenant :
   Nom du formateur avec lequel le contrat est passé :

   Compte tenu des éléments suivants :
      réussites antérieures :

      besoins :
      intérêts :

   Il est convenu qu'au terme du contrat les objectifs suivants seront atteints :

   Moyens mis en oeuvre par l'apprenant :

   Moyens mis en oeuvre par le formateur :

   L'exécution du contrat sera évaluée par :

   En cas de non-exécution du contrat, il est prévu le dispositif suivant :

   L'apprenant : lu et approuvé

   Le formateur : lu et approuvé.

 Exemple 2.

   Contrat pédagogique et éducatif :
   Date :

  L'apprenant ....................... , sollicite son inscription en cinquième technique de transition à l'Athénée Royal Célestin Freinet.

   Il s'engage ainsi que ses responsables légaux à respecter le contrat suivant dans sa totalité.

 L'apprenant s'engage :

   *  A respecter le règlement d'ordre intérieur de l'Athénée.
   *  A travailler régulièrement dans toutes les matières.
   *  A s'investir dans la construction de son projet de formation pour l'année suivante.
   *  A rechercher activement, longtemps à l'avance, des entreprises d'accueil pour toutes les semaines de stages obligatoires en entreprises.
   *  A effectuer la totalité des stages prévus en entreprises.
   *  A respecter tous les articles de conventions de stages.
   *  A se présenter à l'examen de qualification.

Les responsables légaux s'engagent :

   *  A venir aux réunions générales organisées pour la classe.
   *  A honorer au jour et à l'heure prévus les rendez-vous pris avec les membres de l'équipe pédagogique (entretiens individuels, orientation ... ).
   *  A suivre régulièrement la scolarité de leur enfant ( contrôle des notes et du carnet de liaison ) et à soutenir l'équipe pédagogique en cas de difficultés.
   *  A épauler leur enfant dans la recherche de stages et à suivre leur bon déroulement.

Les formateurs s'engagent :

   *  A promouvoir la relation d'apprentissage dans un climat affectif valorisant.
   *  A aider l'apprenant à percevoir clairement la tâche, à comprendre les consignes, à rechercher la stratégie pertinente et à s'auto-évaluer.
   *  A redonner force et vie aux valeurs scolaires pour parvenir à la réalisation des objectifs réalistes et concrets.
   *  A utiliser diverses stratégies pédagogiques et didactiques qui invitent les apprenants à la participation.

Le non respect du contrat par l'apprenant peut entraîner :

    *  Son transfert dans une autre classe s'il est du secteur de l'Athénée.
    *  Son déplacement dans un autre établissement.
     Toute faute grave entraînera la convocation de l'apprenant devant le conseil de discipline.

Lu et approuvé le .....................
Les parents - L'apprenant - Les formateurs - Le directeur.

 Les trois grands modèles d'apprentissage.

   1. Modèle transmissif : privilégie le rapport au savoir.

               L'apprenant ne sait rien                      L'apprenant sait.

    Cette conception très ancienne ( 17ème siècle ) et traditionnelle appelée aussi " magistrale " ou " frontale " est toujours la caractéristique du modèle dominant en vigueur dans l'institution scolaire. Elle s'inspire des travaux de John Locke et est basée sur deux présupposés :

       A.  La neutralité conceptuelle de l'apprenant. Avant l'enseignement, l'apprenant n'a pas de conception personnelle sur le sujet à aborder. La connaissance transmise par l'enseignant vient s'imprimer dans la tête vide de l'apprenant comme dans la cire molle.

          B.  La non déformation du savoir transmis. Si l'enseignant expose clairement son sujet et si les apprenants écoutent bien (éventuellement en posant une ou deux questions), ils vont assimiler le message tel qu'il a été transmis. Des exercices d'entraînement permettront d'ancrer les nouvelles connaissances qui seront ensuite contrôlées.

   Ainsi, selon ce modèle, pour apprendre, l'apprenant doit être attentif, écouter, suivre, imiter, répéter et appliquer. Le rôle du formateur est ici déterminant et consiste à présenter, par son discours, ses exposés et ses démonstrations, les connaissances comme un enchaînement de propositions vraies, de telle façon que, au terme de la transmission, l'apprenant ne puisse pas ne pas reconnaître comme une évidence le savoir auquel on aboutit.

    Avantages :

    $ L'enseignement basé sur ce modèle est le plus économe en temps et en moyens. Il est adéquat quand on a à faire à un public averti ou motivé qui effectue positivement la démarche de venir s'informer, qui possède des structures intellectuelles comparables à celles du formateur, et qui disposant de connaissances dans le domaine concerné peut profiter de l'exposé pour organiser et restructurer des informations préalables lacunaires et mal hiérarchisées. Mais, est-ce le cas à l'école obligatoire ?? et à la fac ???

    $ Visant à développer essentiellement des savoir-faire, ce modèle est facilement mesurable par des évaluations chiffrées.

    $ Ce modèle n'est pas déstabilisant pour celui qui transmet l'information ..... quand tout se passe à peu près bien !!!

    Limites : dépendent de le validité des deux présupposés :

    $ Si une conception initiale inadéquate existe elle risque de ne pas être remise en cause et d'interférer avec la nouvelle connaissance.

    $ Ce qui a été dit par le formateur n'est pas toujours entendu de la même façon par tous les apprenants.

    $ Apprendre de cette manière néglige une bonne part de la personnalité de l'apprenant et en particulier sa manière personnelle d'apprendre.

    $ Ce modèle transmissif ne laisse que peu de choix sur ce que l'apprenant doit apprendre.

    $ Les résultats effectifs que l'on en tire sont souvent sans commune mesure avec le temps, l'argent et les efforts déployés.

    $ Le modèle transmissif ignore le doute et apprend à respecter et à mémoriser la parole du formateur.

    $ Ce modèle induit une forme de passivité, une dépendance à l'égard de l'enseignant et limite l'engagement de l'apprenant dans l'apprentissage, le développement de son esprit critique, surtout si l'apprenant écoute l'enseignant sans vraiment écouter le cours.

     $ Tous les apprenants reçoivent le même contenu au même rythme imposé par le formateur.

    Modèle transmissif et textes actuels sur l'éducation ( Décret mission ). Je reprends ici simplement ce que disent les textes dans le rapport des savoirs aux apprenants :

    * Permettre aux apprenants d'apprendre à apprendre.
    * Favoriser l'autonomie dans le travail scolaire.
    * Prendre en compte les rythmes d'apprentissage des apprenants.
    * Identifier, analyser et prendre en compte les difficultés des apprenants.
    * Apporter une aide au travail personnel des apprenants, en assurant le suivi.
    * Varier les démarches et situations d'apprentissage selon les objectifs fixés et la diversité des apprenants.

    On le voit, de telles exigences ont du mal à être réellement prises en considération par la démarche transmissive classique.

     John Locke ( 1632 - 1704 ) - philosophe et théoricien anglais est né

John Locke

le 29 août 1632 près de Bristol. Il étudie à l'université d'Oxford. C'est le principal représentant de l'école empiriste anglaise et son " essai sur l'entendement humain " jeta les bases de la psychologie sensualiste. Locke voit la source des connaissances dans l'expérience et les sensations à partir desquelles l'âme élabore la réflexion. C'est lui l'empiriste célèbre qui proposa la métaphore de " l'ardoise vierge " pour décrire l'esprit humain avant son contact avec le monde. L'empirisme ne reconnaît pas l'existence de concepts a priori, l'esprit est alors conçu comme une " tabula rasa " sur laquelle s'impriment des impressions sensibles. Pour lui, la connaissance humaine est donc a posteriori et la raison n'est ainsi qu'un assemblage d'habitudes reçues. Il quitte le monde en 1704.

     2. Le modèle comportementaliste : privilégie l'acquisition d'automatismes, de comportements.

    Le présupposé est ici que : l'on ne peut pas savoir ce qui se passe dans la tête de l'apprenant qui est assimilée à une boîte noire à laquelle on n'a pas accès. L'enseignant doit alors se baser sur les comportements observables du sujet, c'est-à-dire les réponses qu'il fournit aux questions posées ou les démarches utilisées pour résoudre un problème.

   Il faut donc s'intéresser aux entrées (input) en découpant la tâche à réussir en petites unités et aux sorties (output) en définissant un comportement observable attendu en fin d'apprentissage.

     Cette théorie appelée " behaviorisme " prend appui sur les travaux de Thorndike, Pavlov, Skinner et Watson. L'apprentissage résulte d'une suite de conditionnements " stimulus - réponse ". Les connaissances sont donc définies en termes de comportements observables attendus en fin d'apprentissage. le passage d'un niveau de connaissance à un autre s'opère par le renforcement positif des réponses et des comportements attendus. Ainsi, si on élabore des paliers aussi petits que possible, on accroît la fréquence des renforcements tout en réduisant au minimum l'éventuel caractère aversif des erreurs. Dans cette optique, les erreurs sont des manques et doivent être évitées ou corrigées, alors que les réponses correctes doivent être valorisées.

   Dans cette optique, enseigner revient à inculquer des comportements, des attitudes, des réactions, des gestes professionnels. C'est aussi entraîner les apprenants à produire les réponses attendues selon les problèmes rencontrés. Dans cette perspective, l'effort d'enseignement est particulièrement centré sur les conditions de mise en activité, sur les manières de faire travailler qui peuvent entraîner des changements dans les comportements des apprenants.

    Le rôle du formateur est de définir des sous-objectifs et de mettre en place des exercices progressifs permettant de franchir les différentes étapes sans difficulté.

    Le rôle de l'apprenant est de pratiquer les exercices proposés en suivant l'itinéraire balisé.

    Les erreurs sont des accidents révélateurs de sous-objectifs mal ou insuffisamment décomposés.

    Avantages :

       $ Le formateur est attentif aux possibilités et à l'évolution individuelles de l'apprenant. Il lui propose des activités bien adaptées.

       $ L'apprenant peut progresser à son rythme ; il est le plus souvent en situation de réussite.

       $ Les objectifs étant définis précisément, l'évaluation est facilitée et clarifiée.

    Limites :

      $ Les tâches découpées cachent la vision d'ensemble (la globalité) : l'apprenant peut réussir chacune des étapes du chemin balisé mais, être incapable, par manque de vision d'ensemble, de parcourir ce même chemin en l'absence de balises.

      $ D'autres part, les conceptions initiales n'étant pas prises en compte, elles sont susceptibles de ressurgir lorsque l'apprenant se trouvera devant un problème plus complexe.

      $ Repensez à mon histoire relative à la natation, au judo !!!

    John Broadus Watson ( 1878 - 1958). Né à Greenville - Caroline du

Sud - en 1878, Watson est un psychologue américain et est considéré comme le père du behaviorisme. Il fait ses études à l'université de Chicago. Il commença par être instituteur dans une école où il était connu pour ses talents de dresseur de rats. En 1913, il écrivit un article : " Psychology as the behaviorist views it " pour devenir ainsi le père d'une science du comportement qui se veut complètement objective : le behaviorisme. En effet, il affirme que la psychologie ne doit pas être la science de la vie mentale mais la science du comportement en prétendant qu'elle doit être une science expérimentale et qu'il faut privilégier ce qui peut être observé. Ainsi, l'objet de la psychologie devient le comportement observable des individus et non l'étude des idées, des motivations, des états de conscience, des sensations et autres éléments internes que le psychologue s'interdit désormais d'étudier. Ainsi, il dénonce avec virulence la psychologie des contenus de conscience, des opérations mentales et l'usage de l'introspection comme méthode d'analyse. Pour lui, la conscience n'est rien d'autre que de la superstition. Watson déclare d'ailleurs : " Donnez-moi une douzaine d'enfants bien portants, bien conformés et de mon propre milieu spécifique et je garantis de prendre chacun au hasard et d'en faire n'importe quel type de spécialiste existant : docteur, juriste, artiste, commerçant et même mendiant et voleur, sans tenir compte de ses talents, penchants, tendances, capacités, de sa vocation ni de la race de ses ancêtres " !!!! La psychologie enfin scientifique allait en fait " gommer " pendant un quart de siècle, deux caractéristiques du comportement humain : l'orientation vers un but et l'intentionnalité.

   Edward Lee Thorndike ( 1874 - 1949 ). Né à Williamsburg -

Massachusetts - Thorndike est un psychologue américain. Il fut l'élève de William James, comme Dewey, à Harvard. Il est un précurseur du behaviorisme. Il est surtout célèbre pour sa théorie de l'apprentissage par essais et erreurs dans laquelle il met en évidence d'abord la loi de l'effet qu'il énonce ainsi : " un comportement suivi d'une récompense sera associé à la situation qui l'a déclenché ; tout comportement qui conduit à un état insatisfaisant de l'organisme a tendance à s'éteindre ". Mais Thorndike s'aperçoit vite que dans certains cas, des comportements renforcés négativement peuvent réapparaître et ainsi sa loi de l'effet devient : " Tout comportement qui conduit à un état satisfaisant de l'organisme a tendance à se reproduire ". Dans un second temps, il énonce aussi la loi de l'exercice : " La répétition d'une réponse conditionnée, renforcée par un stimulus agréable tend à persister et une réponse suivie d'un stimulus désagréable tend à diminuer ". Il a beaucoup contribué à la révolution behavioriste qui a fait passer la psychologie de l'étude de l'activité mentale à l'étude des comportements, de leur acquisition et de leur évolution. Thorndike a eu également une influence prépondérante dans le domaine des théories de l'apprentissage.

    Ivan Petrovitch Pavlov ( 1849 - 1936 ). Né à Riazan au sud de

MIvan Petrovich Pavlov Russian Physiologist Photographic Printoscou, en 1849, Pavlov est un médecin et physiologiste russe qui reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1904. Pavlov est célèbre pour ses études sur le comportement réflexe. Il devient professeur de physiologie puis directeur de l'Institut de médecine expérimentale de Saint-Petersbourg. Pavlov est connu pour son travail sur les régulations nerveuses de la physiologie du coeur et du système digestif. Son objectif principal était de mettre en évidence un phénomène psychique dont les bases seraient uniquement physiologiques. Il démontra alors que la sécrétion de salive et des sucs gastriques peut être déclenchée par le contact direct avec la nourriture, par la vue de celle-ci, mais aussi par des stimuli externes liés à l'heure du repas. Pavlov démontra ainsi qu'outre le réflexe non conditionné , plutôt non conditionnel (salivation normale devant la nourriture), il est possible de déclencher, par un processus d'apprentissage - ou conditionnement -, un réflexe conditionné ou plutôt conditionnel (salivation liée au stimulus). Il étendit ensuite ses découvertes à l'Homme.

    Ses études sur les réflexes conditionnés plutôt conditionnels portent sur :

      $ Le stimulus inconditionel.
      $ Le réflexe inconditionnel (réponse inconditionnelle).
      $ Le stimulus conditionnel.
      $ Le réflexe conditionnel (reponse conditionnelle).

    Le conditionnement s'obtient par l'association en contiguïté de deux stimuli. Les réponses réflexes à des stimuli correspondent aux comportements répondants. Ces réponses ne sont pas apprises et sont déclenchées par les stimuli qui les précèdent.

     EX. de comportement répondant : Une fois que vous vous brûlez à une source de chaleur, le comportement opérant sera d'éviter de vous approcher trop près d'une source de chaleur.

    On se souvient surtout de toutes les expériences que Pavlov a menées avec des chiens en laboratoire. Le stimulus inconditionnel, nourriture pour le chien, déclenche une réponse de salivation appelée réponse inconditionnelle. La cloche en contiguïté avec la nourriture est un stimulus neutre. Si le son de la cloche se fait entendre à chaque fois que l'on présente de la nourriture, le chien associe le son de la cloche à la nourriture. Finalement, le son de la cloche seul va enclencher le processus de salivation, la réponse de salivation. Le son de la cloche est le stimulus conditionnel et la salivation est la réponse conditionnelle. Il y a donc eu apprentissage puisque l'animal a adopté une nouvelle réponse (salivation) à une situation (coup de sonnette) qui ne provoquait pas cette réponse auparavant. Ainsi, pour Pavlov, le réflexe conditionnel correspond à ce que l'on appelle couramment " discipline, dressage, éducation, habitude et toutes les activités psychiques, si complexes soient-elles, ne sont que la résultante de processus physiologiques de type réflexe. Ses travaux influencèrent, au début du 20ème siècle, le développement des théories psychologistes behavioristes.

    Burrhus Frédéric Skinner ( 1904 - 1990 ). Né à Susquehanna , Pennsylvanie en 1904, Skinner est un psychologue américain. Il fut, jusqu'en 1990, le représentant le plus célèbre et le plus important du courant behavioriste aux Etats-Unis et dans le monde.

    EX. : Il place un rat affamé dans une boîte pourvue d'un petit levier ( stimulus). Si le rat appuie (réponse) sur le levier, une boulette de nourriture (renforcement) tombe dans la mangeoire. Assez rapidement, le rat apprend à appuyer sur le levier pour se procurer la nourriture, le comportement d'appui a donc été conditionné.

    Skinner appelle ce conditionnement, le conditionnement opérant, pour le différencier du conditionnement répondant de Pavlov. Pavlov conditionne un réflexe, Skinner conditionne un comportement volontaire. Fort de ses succès avec les animaux, Skinner passe ensuite à l'expérimentation sur l'homme. Il constate que les lois valables pour l'animal paraissent également valables pour l'homme, et imagine pour lui une méthode d'enseignement qui appliquerait les mêmes principes : c'est la création de l'enseignement programmé. Dans le monde des sciences de l'éducation, les opinions sur Skinner sont généralement très tranchées et en sa défaveur. Cependant, la théorie de Skinner a exercé une grande influence sur les méthodes d'apprentissage des langues. Les méthodes audio-orales et les laboratoires de langue sont basés sur ses travaux. Deux ouvrages fondamentaux : Walden two en 1948 et La révolution scientifique de l'enseignement en 1968.

    A titre tout à fait personnel, je suis assez tenté d'écrire : " à une époque où tant de disciplines mettent fructueusement la conscience, ce fabuleusement complexe objet, au coeur de leurs réflexions et de leurs recherches, on ne peut que convenir que la position behavioriste appartient désormais à la préhistoire de la psychologie. Et les diverses applications (parfois efficaces) que ses idées peuvent encore inspirer ne doivent pas faire illusion : le behaviorisme est bel et bien mort, son épistémologie fort naïve, ses méthodes primaires et le tout reposant sur un empirisme intenable qui ne correspond en rien à ce qui se pratique dans les sciences dignes de ce nom ".

    Un exemple : considérations behavioristes sur l'éducation des enfants à la manière de Skinner.

    " Traitez-les comme s'ils étaient de jeunes adultes. Habillez-les et baignez-les avec soin et circonspection. Que votre propre manière d'agir soit toujours objective et d'une tendre fermeté. Ne les étreignez pas, ne les embrassez pas, ne les laissez jamais s'asseoir sur vos genoux. Si vous le devez vraiment, donnez-leur un seul baiser sur le front au moment où ils disent bonsoir. Le matin, serrez-leur la main. Donnez-leur une petite tape sur la tête lorsqu'ils ont particulièrement bien réussi un travail ou lorsqu'ils ont accompli une tâche difficile. Essayez de suivre ces consignes. En une semaine, vous constaterez combien il est aisé d'être totalement objectif avec son enfant tout en restant bienveillant et l'attitude sottement sentimentale que vous aviez eue jusqu'à présent vous fera rougir de honte ". C'est à tout le moins édifiant !!!!!

    3. Modèle construtiviste et socio-constructiviste : privilégie le rapport aux apprenants qui construisent activement leurs savoirs en inter-action avec l'environnement.

    Cette pédagogie, centrée sur l'apprenant, postule que l'acquisition des connaissances est étroitement liée à l'activité de l'apprenant dans son milieu. C'est l'apprenant qui apprend par l'intermédiaire de ses représentations. Les conceptions initiales ne sont pas seulement le point de départ et le résultat de l'activité, elles sont au coeur du processus d'apprentissage. On dira encore que l'apprentissage résulte de constructions mentales de l'apprenant ce qui implique qu'il est toujours activement engagé dans l'élaboration de ses savoirs. On passe ainsi d'une pédagogie de la réponse à une pédagogie de la question selon laquelle " toute leçon doit être une réponse à des questions que les apprenants se posent régulièrement " ....... mais cela vous le savez depuis longtemps !!!!

   Dans cette optique, apprendre ne consiste pas à recevoir le savoir d'une manière passive, mais à agir sur les informations reçues de la situation en les transformant. Les connaissances nouvelles sont construites à partir de ce que l'on sait déjà. Ainsi, l'apprentissage d'une nouvelle connaissance, organisée autour d'un problème, se caractérise par une activité de recherche, de production d'hypothèses, d'explorations, d'essais, de vérifications. Il est évident que les interactions sociales jouent un rôle important dans cette façon d'apprendre.

    L'apprenant ne sera pleinement prêt à cet effort difficile ( car il implique une phase de déstabilisation ) que s'il a pris conscience de l'insuffisance de ses représentations.

    Ainsi donc, ce modèle repose sur trois présupposés :

      1. C'est en agissant ( en résolvant des problèmes ) que l'on apprend.

      2. Quel que soit son âge, l'esprit n'est jamais vierge, table rase ou cire sans empreinte. Les représentations initiales s'érigent souvent en obstacle aux nouvelles connaissances.

      3. La connaissance ne s'acquiert pas par simple empilement ; elle passe d'un état d'équilibre (zone de confort) à un autre par des phases transitoires au cours desquelles les connaissances antérieures sont mises en défaut.

    Le rôle du formateur est complexe :

      1. D'abord, repérer les obstacles récurrents.

      2. Ensuite, placer l'apprenant dans une situation propre à lui créer un conflit cognitif provoqué par une contradiction entre sa conception initiale et une réalité observée.

      3. Enfin, accompagner l'apprenant dans ses tentatives de recherche de solution sans se substituer à lui en l'aidant ainsi à construire ses nouveaux savoirs.

    Le rôle de l'apprenant :

      1. S'approprier le problème posé, y investir ses connaissances initiales, accepter la déstabilisation procurée par le démenti, reconnaître la nécessité de cette déstabilisation pour pouvoir progresser (ce qui doit faire l'objet d'un contrat didactique approprié).

      2. Les erreurs sont révélatrices de conceptions antérieures inadéquates. En ce sens, elles sont constitutives d'apprentissage.

    Avantages :

      1. L'apprenant est confronté à un problème à résoudre, ce qui lui permet de mettre du sens et de la pertinence ( tiens donc !! ) à son apprentissage.

      2. Les conceptions antérieures inadéquates ayant été détruites ou remodelées, elles ne risquent pas de refaire surface et le nouvel état d'équilibre est durable.

     Limites :

      1. L'enseignement basé sur ce modèle est coûteux en temps ... mais l'enseignement n'est-il pas un métier où il faut savoir perdre du temps pour en gagner !!!!

      2. Il nécessite un haut niveau de compétence du formateur, autant pour la conception que pour la gestion des leçons.

      3. Il est parfois difficile de trouver des situations-problèmes adéquates.

      4. La phase de déstabilisation est parfois délicate chez certains apprenants, en particulier ceux en grande difficulté.

    Pour faire court, l'autosocioconstruction des savoirs résulte du métissage de deux idées fortes.

     1. Tout savoir est une construction du sujet en réponse aux sollicitations de l'environnement (Piaget ).

    Piaget plaide pour une acquisition des connaissances par l'expérience, directe ou indirecte, plutôt que par la transmission. Le moyen utilisé est de faire surgir des conflits cognitifs dans la tête des apprenants : ce que chacun croyait savoir ou savoir faire est bousculé et remis en question. Les constructivistes pensent que ces conflits sont les moteurs de la connaissance.

    2. Tout apprentissage résulte d'interactions sociales et dépend de la culture dans laquelle un individu se développe ( Vygotsky ).

    Là où le milieu ne suscite pas les tâches voulues, ne présente pas d'exigences nouvelles, n'encourage ni ne stimule à l'aide de buts nouveaux le développement intellectuel, la pensée de l'adolescent ne cultive pas toutes les possibilités qu'elle recèle réellement.

    Le rôle du formateur est celui d'un médiateur ( Feuerstein ) : quelqu'un qui accompagne l'apprenant pour lui fournir les éléments qui l'aideront au niveau cognitif.

    Reuven Feuerstein ( 1921 - 2014 ). Né en Roumanie en 1921, Feuerstein

commence, à Bucarest, sa vie active en tant qu'instituteur auprès d'enfants retardés mentalement et émotionnellement. En 1944, ce psychologue et psychopédagogue israélien émigre en Israël où il a travaillé à récupérer les enfants bouleversés par la deuxième guerre mondiale lors de la création de l'Etat d'Israël. Il s'est occupé d'enfants juifs et nord-africains rescapés de la shoah. Après la guerre, il vient en Europe et plus précisément à Genève où il devient l'élève de Piaget. A travers des milliers de patients, le Professeur Feuerstein a acquis la conviction qu'il était possible d'apprendre à apprendre, et ce d'une manière continue. Son Programme d'Enrichissement Instrumental - P.E.I., par ailleurs le coeur de son travail - consiste donc à créer chez tous ceux qui présentent un immobilisme intellectuel les conditions physiologiques et psychologiques leur permettant de faire face de manière autonome aux différents événements auxquels ils seront confrontés. Selon Feuerstein, l'être humain peut développer son intelligence durant toute son existence, à condition de bénéficier de l'intervention médiatrice d'autrui. En effet, pour lui, l'intelligence n'est pas fixée une fois pour toute : tout être humain est compris comme un être en devenir et il dit souvent : " Toute personne est capable de changement quels que soient son âge, son handicap et la gravité de son handicap. Il aime encore à dire " les chromosomes ne doivent pas avoir le dernier mot ". Il remplace la notion de quotient intellectuel par la notion de modifiabilité ou encore potentiel d'apprentissage qui se réfère à la propension à développer son intelligence tout au long de sa vie. Le dysfonctionnement de la relation entre l'enfant, l'adolescent et son environnement trouverait son fondement dans un manque de médiation. Ainsi, Feuerstein propose des tâches qui sont le support, le prétexte d'expériences d'apprentissage médiatisé et qui reposent sur les critères de médiation :elle permet de créer des situations d'apprentissage grâce auxquelles l'intelligence se construit. La pédagogie de Feuerstein est une pédagoie de la médiation. Elle permet  de faire le tour des problèmes pédagogiques, de mettre des mots sur des choses implicitement connues pour devenir mieux armé. En prônant une pédagoie généreuse, active et modifiante, Feuerstein nous invite à quitter des attitudes qui ont trop souvent été chez nous passives et acceptantes. C'est une pédagogie à visage humain. Cette méthode pédagogique, ayant depuis longtemps fait ses preuves, vient en contrepoint  de la théorie de la " résilience " vulgarisée par Boris Cyrulnik.

   Le choix qu'il vous faudra effectuer entre ces trois modèles d'apprentissage, devra l'être après mûres réflexions et sera posé en fonction :

    1. Des récentes découvertes des sciences cognitives relatives à la manière d'apprendre.

    2. De vos notions de psychologie humaniste.

    3. De votre intime conviction sur la manière dont " fonctionne " l'être humain.

    4. Du type d'enfants, d'adolescents que vous aurez devant vous.

    Bien sûr, les travaux en psychologie du développement et de l'apprentissage, et des sciences humaines en général, tendent à valoriser - dans notre culture tout au moins - le constructivisme à la Piaget ou le socioconstructivisme à la Vygotski.

    En quoi l'application d'une pédagogie constructiviste change-t-elle la dynamique d'une classe ?

    La pensée constructiviste conçoit l'apprentissage comme l'engagement de l'apprenant dans la construction de sa propre compréhension des faits, des processus et des concepts nécessaires à sa connaissance du monde. C'est pourquoi elle confère aux apprenants un pouvoir que les approches pédagogiques traditionnelles ne leur reconnaissent pas. En effet, les modèles pédagogiques issus du constructivisme mènent à l'élaboration d'un contexte d'apprentissage très riche et émancipatoire pour ceux et celles qui y participent, qui changent non seulement le rapport au savoir, mais également le rapport au pouvoir. D'où l'évolution de la notion de classe vers celle de communauté apprenante.

 Pourquoi une situation ou un contexte authentique ?

    La communauté apprenante de l'Institut technique Philippe Meirieu de ....... s'est donné comme défi de répondre à deux questions fort complexes pour voir une partie du programme de sciences de la nature. Ces deux questions étaient : " Qu'est-ce qui empêche la lune et les autres corps célestes de nous tomber sur la tête ? et qu'est-ce qui permet aux avions de voler ? ". Pouvoir répondre à ces deux questions exigeait que les apprenants se donnent de nombreuses connaissances scientifiques comme la loi de Bernouilli ( conservation de la quantité de mouvement ) et de celle de la gravité. Inutile de dire que tous les apprenants avaient des connaissances ou des conceptions antérieures relatives aux questions posées, que les connaissances à acquérir étaient nombreuses et variées, qu'on faisait appel au développement de stratégies variées et qu'on devait avoir recours à diverses ressources pour construire des réponses satisfaisantes à ces questions. Bref, le choix d'un contexte authentique donne lieu à des situations-problèmes complexes générant un niveau de sollicitation cognitive élevé et permettant aux apprenants de puiser dans leurs connaissances antérieures leurs conceptions du monde ou leurs expériences pour donner un sens à la construction de leurs connaissances

      Le conflit cognitif : un exemple.

    Lise, comme tous les apprenants de sa classe, se prépare à faire part de ce qu'elle sait sur la cellule, à l'aide de mots et de dessins. Suite à ce travail, le formateur recueille les représentations des apprenants et les conserve jusqu'à la prochaine leçon. Le formateur présentera trois représentations dont celle de Lise. Au cours de la présentation, on note que le dessin de Lise se rapproche davantage de la notion de bactérie que de celle de cellule. En voyant son dessin qui diffère sensiblement des deux autres, il y a fort à parier que Lise, qui était jusque là convaincue de la justesse de sa représentation, se mette à douter de celle-ci. Lise, de même que les autres apprenants qui se retrouvent dans la même situation, ont vécu une expérience qui a engendré un conflit cognitif ou conceptuel qui ne pourra voir sa résolution que dans l'accommodation de leurs conceptions initiales (celles des apprenants) à la lumière de la conception appropriée laquelle sera dégagée par la médiation du formateur.

    Les connaissances antérieures.

    De nombreux formateurs et formatrices en formation croient que le concept de connaissances antérieures recouvre uniquement les connaissances vues aux cours qui ont précédé celui qui vient. Notons qu'il s'agit là d'une compréhension incomplète de la base de connaissances qui sert d'ancrage à l'apprentissage. Jean-Pierre Astolfi en 1992 affirme : " qu'avant tout enseignement, il est capital de considérer que les apprenants ont déjà une représentation de l'objet d'enseignement abordé, et ce même et surtout s'il s'agit d'un objet nouveau ".Les recherches indiquent que cette représentation se forge à travers l'expérience, l'imaginaire, les sensations, l'information ... etc ... et qu'elle peut être juste ou totalement erronée. On doit donc comprendre que c'est à cette représentation que l'on se réfère lorsque l'on affirme que la construction personnelle des connaissances repose sur les connaissances antérieures des apprenants.

    Les connaissances antérieures, c'est ce que chacun sait, pense, croit, rêve à propos d'une notion pour laquelle il n'a pas encore vécu d'apprentissage systématique.

    A quoi sert-il d'expliciter les connaissances antérieures ?

    Les résistances à l'apprentissage peuvent provenir :

      1. D'une connaissance antérieure initiale fortement ancrée et très éloignée de la nouvelle représentation proposée. Exemple : " A quoi sert un thermos ?"

      2. D'une non prise en compte des connaissances antérieures d'un des acteurs, qui ne se sent dès lors pas reconnu, pas rejoint.

    Que faire des connaissances antérieures ?

     1. Le recueil des connaissances antérieures sert d'abord et surtout à la personne qui les exprime : cela lui permet d'en prendre conscience. Ce recueil peut rester confidentiel ou livré publiquement. Dans ce cas, il permet aussi de se situer par rapport aux autres. Le formateur doit être capable de lâcher prise, de faire confiance à l'apprenant : il prendra ce qui est bon ou utile pour lui, mais pas nécessairement dans l'immédiat.

      2. Les connaissances antérieures peuvent servir de point de repère pour évaluer leur évolution en fin de projet ou à plus long terme. Le formateur veillera dans ce cas à conserver la trace et à imaginer une méthode différente de la première pour faire le point sur les acquis ; sinon, le recueil risque d'être biaisé.

      3. Les connaissances antérieures peuvent servir de point de départ pour une recherche, en mettant en évidence des conflits cognitifs ou des lacunes dans les connaissances. Reconnaître la viabilité des connaissances antérieures, qui constituent une base solide qui appartient à chacun ; chercher à identifier dans quel cadre elles fonctionnent sans problème. Ensuite, il s'agit d'enrichir ses connaissances antérieures, de les complexifier (pas de les corriger) en imaginant un dispositif qui crée une rupture expérientielle, qui change le cadre initial des connaissances antérieures pour les questionner en vue de les dépasser (démarche socioconstructiviste que vous connaissez bien). Le formateur évitera le jugement de valeur ou la moquerie, il installera un climat de confiance et un esprit de recherche scientifique démocratique (argumentation - négociation)

     4. Les connaissances antérieures permettent à l'enseignant d'adapter un dispositif d'apprentissage à son public ; c'est, entre autres choses, gérer une distance, des distances, et pas seulement à propos des contenus. Confronter par exemple les connaissances antérieures des apprenants et du formateur à propos du "bon prof ", du " bon apprenant ", s'informer sur la façon dont les apprenants perçoivent leur trajectoire dans le domaine de l'apprentissage ( passé - présent - futur), sur les raisons qu'ils attribuent à leur réussite ou à leur échec.

     Jean-Pierre Astolfi ( 1943 - 2009 ) a été professeur des Sciences de

l'Education à l'Université de Rouen  après avoir été professeur de biologie en Collège puis responsable de l'équipe de didactique des Sciences de l'Institut National de Recherche Pédagogiques (INRP). Ses travaux, d'abord orientés par les questions didactiques des sciences dans l'enseignement primaire et secondaire, notamment autour des questions des connaissances antérieures persistantes des apprenants, des obstacles à la pensée scientifique, de la construction du savoir et de la lisibilité des manuels scientifiques, se centrent ensuite sur les conditions à réunir pour que les apprentissages scolaires aboutissent à une maîtrise effective des savoirs par les apprenants. Il explore ainsi plus largement la question des processus des apprentissages scolaires et celle de la "logique " des erreurs des apprenants. Il est membre du comité de rédaction ou de lecture de nombreuses revues de Sciences de l'Education et de didactique des sciences.Il a écrit notamment deux ouvrages importants :" Comment les élèves apprennent les sciences " en 1998 et " L'erreur, un outil pour enseigner " en 1997.

    Enquête réalisée par Philippe Meirieu.

        Objet : l'ennui à l'école.

        Population visée : les lycéens.

        Nombre de questionnaires dépouillés : 1.200.000.

        Questions posées :


        1. Qu'est-ce que vous jugez important d'apprendre au Lycée mais qui vous ennuie ?
        2. Pensez-vous qu'il y ait un remède à cet ennui ?

        Jugés importants mais ennuyeux : 4 types d'enseignement :

        Celui qui fait appel à la simple mémorisation (72 %).
        Celui qui concerne des phénomènes trop éloignés dans l'espace et dans le temps.
        Celui qui se rapporte à des matières secondaires dans l'option choisie.
        Celui qui est trop spécialisé ou trop abstrait.

      Remèdes proposés à cet ennui :

        Avoir des profeseurs plus passionnés.
        Avoir des professeurs qui aident et encouragent.
        Multiplier les travaux de groupes.
        Introduire les technologies nouvelles.
        Articuler les enseignements aux problèmes de la vie pratique.
        Travailler davantage sur l'actualité.
        Utiliser l'interdisciplinarité.
        Organiser des visites, des stages.
        Inviter des personnes ressources étrangères.

    Illustration possible et souhaitable : Vincent, J.D., L'ennui à l'école, Albin Michel, 2003.

    L'intelligence ou plutôt les intelligences, qu'est-ce que c'est ?

    Selon Howard Gardner, professeur en Sciences de l'Education à Harvard ( voir biographie à la rubrique "Echecs scolaires"), chaque individu possède plusieurs formes d'intelligence, plus précisément dix, d'après ses plus récents travaux dans le domaine.

    " Il est de la plus haute importance que l'on reconnaisse et entretienne chacune des différentes formes de l'intelligence humaine, ainsi que chacune de leur combinaison. Nous sommes tous différents les uns des autres parce que ces combinaisons varient d'une personne à l'autre. Si nous acceptons ce fait, je crois que nous avons au moins une chance de résoudre les différents problèmes qui se posent à nous dans le monde ". ( Gardner 1987 ).

    C'est en travaillant avec des personnes qui avaient des lésions cérébrales provoquées par une maladie ou un accident que Gardner a remarqué que certaines intelligences avaient été affectées par les lésions cérébrales et d'autres non. Selon lui, ce fait prouve l'existence de plusieurs systèmes cérébraux relativement autonomes. Nous sommes amenés à réfléchir sur le fait que les savants s'illustrent dans un domaine particulier et démontrent des aptitudes supérieures pour une certaine intelligence alors que leurs autres intelligences fonctionnent à un niveau moindre. Deux exemples en guise d'illustration :

      1. Dans le film Rain Man (fondé sur une histoire vraie), Dustin Hoffman joue le rôle de Raymond, un adulte autiste, doublé d'un génie logico-mathématique. Il est difficile pour ce personnage d'entretenir des relations avec ses pairs mais il est capable de faire des opérations mathématiques rapides de plusieurs chiffres et d'autres opérations mathématiques étonnantes.

      2. Les intelligences sont toujours en interaction. Par exemple, afin de préparer un repas, on doit lire une recette (intelligence linguistique), mesurer les ingrédients (intelligence logico-mathémathique), concevoir un menu qui plaira aux membres de la famille (intelligence interpersonnelle) et combler son propre appétit (intelligence intrapersonnelle).

    La vision gardnérienne de l'école repose sur deux hypothèses :

      1. Tout le monde n'a pas les mêmes capacités ni les mêmes intérêts et nous n'apprenons pas tous de la même façon ( ceci vous rappelle sans doute le postulat de Burns !! ).

      2. Il est impossible aujourd'hui à quiconque d'appréhender le savoir dans son intégralité ( ceci doit être assez douloureux pour certains !! ).

     Ainsi, pour lui, la question n'est pas de savoir dans quelle mesure l'apprenant est intelligent mais de quelles multiples façons il l'est. A l'école et en formation supérieure ce sont encore des mesures de Q.I. (quotient intellectuel), axées sur les capacités verbales et non verbales logico-mathématiques qui évaluent la réussite d'un apprenant. Trop souvent, hélas, la recherche de solutions créatives en entreprise continue à favoriser ces deux formes d'intelligence à l'exclusion de toute autre forme d'intelligence. En réalité, une personne qui réussit met en oeuvre davantage de formes d'intelligence que l'intelligence linguistique et l'intelligence logico-mathématique qui sont à la base de l'expertise technique.

    Comment caractérise-t-on ces intelligences ? Par exemple, l'intelligence dont surgit l'intuition géniale, l'intelligence qui sait donner un sens à une sensation, l'intelligence qui sait améliorer le travail de tous les jours à partir d'une valeur personnelle ou d'une vision, l'intelligence qui sait à quel moment il faut prononcer un petit mot d'encouragement ?

    Comment nomme-t-on l'intelligence qui fait surgir une sculpture d'un bloc de pierre informe, qui a su créer une idée novatrice à partir d'une feuille d'arbre restée accrochée à une veste, qui sait nourrir une conversation entre amis, qui sait créer une ambiance de travail agréable par ses faits et gestes, qui sait montrer aux gens que l'on s'entend bien, qui imprime un rythme de travail favorable à l'épanouissement de tous, qui instaure par un ton de voix une compréhension partagée, qui fait vivre les images qui éclairent un sujet difficile ?

    Non seulement les recherches de Gardner nous révèlent une gamme plus étendue des intelligences humaines que ce que nous croyions précédemment, mais elles ont aussi généré une définition pratique et rafraîchissante du concept d'intelligence. Au lieu de voir " l'intelligence humaine " en terme de score à un test standardisé, Gardner définit l'intelligence ainsi :

      $. La capacité de résoudre les problèmes que l'on rencontre dans la vraie vie.

      $. La capacité de générer de nouveaux problèmes et de les résoudre.

      $. La capacité de réaliser quelque chose ou d'offrir un service qui en vaut la peine dans la culture de celui qui le fait.

    L'intelligence verbo - linguistique.

    Permet de communiquer et de conférer un sens à la réalité à travers les mots. Elle permet l'utilisation de la langue maternelle, mais aussi des autres langues. C'est aussi l'intelligence des sons, car les mots sont des ensembles de sons. Les personnes auditives ont ainsi beaucoup plus de facilité à entendre des mots que de voir et de retenir des images. Tous les individus qui manipulent le langage à l'écrit ou à l'oral utilisent l'intelligence linguistique : orateurs, avocats, poètes, écrivains, mais aussi les personnes qui ont à lire et à parler dans leur domaine respectif pour résoudre des problèmes, créer et comprendre.

Victor Hugo et Gilles Vigneault sont de bons exemples de cette forme d'intelligence.

    Victor Hugo ( 1802 - 1885 ).  Ecrivain dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé français, Victor Hugo est né à Besançon, le 26 février 1802 et meurt à Paris, le 22 mai 1885. Il est le fils du général d'Empire joseph Hugo en garnison dans le Doubs au moment de sa naissance. A 13 ans, habitant Paris, le jeune Hugo entre à la pension Cordier.

  

C'est là qu'il commence à versifier et à 14 ans, ayant des ambitions immenses, il écrit dans son cahier d'écolier : " Je veux être Chateaubriand ou rien ". Elève au lycée Louis le Grand, il se fait connaître en publiant son premier recueil de poèmes " Odes et Poésies diverses " et obtient, pour celui-ci, une pension de Louis 18 ( 1000 francs de l'époque ). Il est élu à l'Académie française en 1841. La vie de Victor Hugo est un roman peuplé d'événements plus forts les uns que les autres : une enfance de rêve, le mariage controversé avec Adèle Foucher, la bataille d'Hernani, la trahison de son ami Sainte-Beuve, une longue liaison avec la comédienne Juliette Drouet, la noyade de sa fille Léopoldine à Villequier, son combat contre Napoléon 3, dix-neuf années d'exil, un retour à Paris qui lui permet d'être élu député puis sénateur, la folie de sa fille Adèle, la vieillessse paisible et glorieuse avenue D'Eylau et enfin des obsèques nationales suivies par une foule immense. Il est considéré   comme l'un des plus importants écrivains romantiques de langue française et occupe une place importante dans l'histoire des lettres du 19ème siècle. C'est aussi un romancier du peuple qui rencontre un grand succès populaire. " Notre-Dame de Paris " et " Les Misérables " en attestent largement. Il est sans conteste l'un des géants de la littérature française.

    Pistes pour en favoriser l'expression : faire des présentations, aimer argumenter, persuader, faire des discours, jouer des rôles, dialoguer, écrire, faire des compte rendus, amorcer la conversation, écouter des enregistrements, lire des livres où il y a plus particulièrement des dialogues.


    Gilles Vigneault ( 1928 - ........ ). Poète, auteur de contes et de chansons, auteur-compositeur-interprète québécois d'expression française, Gilles Vigneault est né le 27 octobre 1928 à Natashquan, village de la basse côte du Saint-Laurent aux portes du Grand  Nord. C'est un géant de la chanson québécoise et une véritable légende vivante en Amérique francophone. Il fait son cours classique au séminaire de Rimouski de 1942 à 1950.

Après cela, il poursuit ses études à l'Université Laval où il obtient sa licence en Lettres. Il devient professeur à l'école de technologie de Québec de 1957 à 1961 animant, en parallèle, quelques émissions de télévision à Radio-Canada. Vedette du film " La canne à pêche " en 1959, il fait ses premières apparitions sur scène en 1960 à la " Boîte à chansons " de Québec. Abandonnant définitivement l'enseignement, il se produit en spectacle au " Chat noir " à Montréal et signe un contrat d'enregistrement avec la maison de disques Columbia qui produit son premier album, récompensé par le " Grand Prix du disque canadien ". Premier Québecois à présenter un récital complet à la Comédie canadienne, il s'adonne à la fois à l'écriture et à l'interprétation de ses propres chansons. Primé de nombreuses fois, il traverse l'Atlantique de nombreuses fois et partage donc son temps entre l'Amérique et la France pendant trois ans et se produit à l'Olympia en avril 1969. Sa notoriété s'étend en Europe, à partir de la France, de la Suisse, du Luxembourg et de la Belgique. Gilles Vigneault a écrit de nombreuses bandes originales de film et publié des recueils de nouvelles, de poèmes. En juin 1975, il chante devant 300.000 personnes sur le Mont-Royal à Montréal, à l'occasion de la Saint-Jean. En 1985, il reçoit la légion d'honneur française. En 2000, il reçoit la médaille d'or du Mouvement national des Québécois et en 2007, son conte symphonique pour enfants " Les quatre saisons de Piquot " reçoit le prix Album jeunesse de l'Association québécoise du disque et du spectacle.

 

    L'intelligence logico - mathématique.

    Capacité d'observation, d'analyse et de déduction. L'individu a une force en résolution de problème et en opérations mathématiques, pose des questions " pourquoi et comment ", veut raisonner les choses et savoir ce qui arrivera ensuite, pense " séquentiel ". Cette forme d'intelligence permet l'analyse des causes et conséquences d'un phénomène, l'émission d'hypothèses complexes, la compréhension de principes pas toujours évidents derrière un phénomène, la manipulation des nombres et l'interprétation des quantités. ( Ingénieurs, programmeurs, chercheurs, scientifiques).

    Einstein et Hubert Reeves sont de bons exemples de cette forme d'intelligence.


    Albert Einstein : voir biographie à la rubrique : " Les grandes pédagogies ".

     Hubert Reeves ( 1932 - ........ ).  Astrophysicien de renom - Docteur en astrophysique nucléaire - communicateur et grand vulgarisateur scientifique et écologiste franco-québécois, Hubert Reeves est né le 13 juillet 1932 à Montréal. Il est largement connu dans le monde des médias pour son étonnante faculté à rendre passionnantes des notions d'astronomie qui ne sont pas toujours simples à appréhender.

    Il fait ses études classiques chez les Jésuites au collège à Montréal où il est parfaitement à l'aise en mathématique ... ce qui n'étonnera personne !!!! C'est à cette époque qu'il observe pour la première fois Saturne à l'aide d'un téléscope qu'il a fabriqué. Inscrit à la faculté des Sciences de l'Université de Montréal, il obtient un baccalauréat es Sciences physiques, puis il présente, à l'Université McGill de Montréal, un mémoire de maîtrise en physique atomique qu'il réussit brillamment par ailleurs. Il poursuit ses études en astrophysique nucléaire à l'Université Cornell de New York où il côtoie plusieurs physiciens contemporains tels George Gamov, Richard Feynman. En 1960, il  soutient sa thèse de doctorat qu'il réussit ici aussi haut la main. De 1960 à 1964, il enseigne à l'Université de Montréal, tout en étant conseiller scientifique à la NASA. En 1964, Hubert Reeves déménage à Bruxelles et commence à enseigner à l'ULB, invité au service de Marcel Demeur pour la physique nucléaire, où il constate, entre autres, une forte différence entre l'Amérique de Nord et l'Europe dans les relations professeurs-étudiants. En 1965, le CNRS de Paris lui offre un poste de directeur de recherche et en même temps un poste de conseiller scientifique au Commissariat à l'Energie atomique. Dans les années 1970, Hubert Reeves commence à s'exprimer publiquement sur des sujets liés à la physique nucléaire. C'est à cette époque qu'il commence réellement une carrière de vulgarisateur scientifique à laquelle il consacre un tiers de son temps. Je crois, dit-il, que la communication du savoir est au moins aussi importante que l'avancement des connaissances. Il est malsain et parfois dangereux de cultiver le secret mandarinal autour de la Science.

    Pistes pour en favoriser l'expression : travailler à l'ordinateur, écrire des applications, programmer, séparer des objets, classifier, sciences, lecture, discussions, exploration, solutionner des mystères, jouer avec des mots, déchiffrer des codes, mots croisés, puzzles, jeux de stratégie (Monopoly - échecs - dames), jeu de déduction (Cluedo), visiter des musées, résoudre des énigmes, esquisser, grouper, proposer des problèmes à réflexion et des activités de calcul.

    L'intelligence musicale.

    Capacité de penser en rythmes et en mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les mémoriser, de les interpréter, d'en créer, d'être sensible à la musicalité des mots et des phrases. Permet de retenir plus facilement les informations si on y ajoute un rythme et une harmonie. Dès le petite enfance, il existe une capacité " brute " concernant l'aspect musical. Les virtuoses en ce domaine montrent leur intelligence en nous faisant vibrer par des nuances, des changements de rythme et d'autres variations transmises par leur instrument de musique ou leur voix.

    Mozart, Yehudi Menuhin et Paul Mc Cartney sont de bons exemples de cette forme d'intelligence.

 


    Wolfgang Amadeus Mozart ( 1756 - 1791 ). Mozart naît le 27 janvier 1756 à Salzbourg et meurt à Vienne le 5 décembre 1791. C'est un compositeur qui laisse une oeuvre gigantesque - pas moins de 626 oeuvres sont répertoriées dans le catalogue Köchel - malgré une mort précose à 35 ans. C'est le fils du compositeur et grand pédagogue Léopold Mozart qui occupe alors la fonction de vice-maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg.

 

Dès l'âge de 3 ans, il révèle des dons prodigieux pour la musique : il a une oreille absolue et certainement une mémoire et une capacité de concentration remarquables. Ses facultés déconcertent son entourage et incitent son père à lui apprendre le clavecin dès sa 5ème année. Le jeune Mozart apprend par la suite le violon, l'orgue et la composition. Il sait déchiffrer une partition et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire et compter. A l'âge de 6 ans, il compose déjà ses premières oeuvres ( menuets et allegro ). A 11 ans, il compose son 1er opéra " Apollo et Hyacinthus ". En 1768, il compose deux autres opéras alors qu'il n'a seulement que 12 ans. En 1769, son père lui fait découvrir l'Italie où il étudiera l'opéra, forme musicale dans laquelle il excellera : Les noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan tutte, la Flûte enchantée et grâce à son travail sur les harmonies vocales et sa maîtrise de la polyphonie, il donnera ses lettres de noblesse à ce genre musical. Le pape Clément 14 le nomme Chevalier de l'éperon d'or. Ses problèmes de santé s'aggravent et c'est alité qu'il commence à composer son Requiem. Il est conscient qu'il arrive au soir de sa vie et qu'il ne pourra malheureusement pas l'achever ... il laisse des instructions pour le finir. C'est dans l'indifférence générale qu'il s'éteint en 1791. Son succès ne s'est jamais démenti. Son nom est passé dans le langage courant comme synonyme de génie, de virtuosité et de maîtrise parfaite. Plus de 200 ans après sa mort, la musique du grand compositeur autrichien continue de nous transporter. L'histoire de ce génie qui composait avant même de savoir écrire, nous laisse dans la plus grande admiration.


    Yehudi Menuhin ( 1916 - 1999 ). Violoniste et chef d'orchestre américain, Yehudi Menuhin ( Lord Menuhin of Stoke d'Abernon ) est né le 22 avril 1916 à New York et mort le 12 mars 1999 à Berlin. Ses parents, Juifs venus d'Ukraine, étaient arrivés aux Etats-Unis après une séjour en Palestine mais dès 1959, ils s'installent en Grande-Bretagne.

    Reconnu par tous comme enfant prodige ayant parfaitement assimilé le passage à la vie adulte, ses premières représentations, dès l'âge de sept ans, bouleversent par une maturité et une aisance musicale hors du commun ... il fait sensation dans le concerto pour violon de Mendelssohn. En 1962, il crée l'école Yehudi Menuhin à Cobham dans le Surrey. En 1965, il reçoit le titre britannique de chevalier commandeur honoraire de l'ordre de l'Empire britannique. Musicien complet, Menuhin est aussi un animateur et un homme voué aux justes causes. Il n'hésite jamais à s'engager totalement lorsque les droits de l'homme, de la musique ou de la paix sont compromis. De 1969 à 1975, il a présidé le Conseil international de la musique de l'Unesco, multipliant les démarches humanitaires et contribuant à rapprocher les musiciens entre eux. En 1993, il est anobli par la Reine d'Angleterre et à ce titre, il siège à la Chambre des Lords. Connu pour ses interprétations d'une qualité souvent enflammée, parfois sans doute plus austère, mais ne se départissant jamais d'une vie intense et d'une profondeur indiscutable, il poursuit ses concerts jusqu'à un âge très avancé - il donne encore 110 concerts l'année de ses 80 ans - pour se concentrer à la direction d'orchestre durant ses dernières années. Menuhin est à ce jour, à travers le monde entier, consiédéré comme l'un des plus grands violonistes du 20ème siècle.


    Sir Paul McCartney ( 1942 - ...... ). Né dans une famille modeste de Liverpool le 18 juin 1942, Paul McCartney est un musicien, auteur-compositeur et chanteur britannique. Il est surtout connu en tant que bassiste des Beatles, groupe musical anglais au succès planétaire depuis sa formation au début des années 1960.

C'est à l'adolescence qu'il développe sa passion et son habileté musicales. En 1957, le 6 juillet, il rencontre John Lennon pour finalement former avec George Harrison et Ringo Starr, les Beatles. Au sein du quatuor, il forme avec Lennon un des tandems d'auteurs-compositeurs les plus influents et les plus prolifiques de l'histoire du rock, donnant ainsi naissance à plus de 200 chansons au succès considérable. Aux côtés de John Lennon, il est le principal instigateur de la Beatle mania qui démarre aux environs de 1963 et envahit la planète. Chacun cherche à surpasser l'autre artistiquement et cette émulation engendrera les plus gros tubes du 20ème siècle et McCartney en est l'auteur d'une bonne moitié : Yesterday - Penny Lane - Hey Jude ou Let it Be pour n'en citer que quelques-uns. Après la séparation du groupe le 10 avril 1970, il poursuit sa carrière en solo avec plus ou moins de succès depuis les années 80. Unique détenteur au monde d'un disque de rhodium ( 200 millions de disques vendus ) et de l'Ultimate Legend Award et avec plus d'une quarantaine d'albums à son actif, Paul McCartney est considéré comme l'un des compositeurs les plus populaires du 20ème siècle et est l'un des plus grands vendeurs de disques de sa génération.

    Pistes pour en favoriser l'expression : garder le rythme, assister à des concerts, utiliser une musique de fond, chanter, faire de la musique, écrire des chansons, se donner des slogans d'équipe, utiliser et jouer d'un instrument de musique.

    L'intelligence visuelle spatiale.

    Capacité de se construire une représentation spatiale du monde dans son esprit. A une puissante imagination et aime dessiner, concevoir, organiser l'espace, les objets et les surfaces. L'intelligence visuelle permet de créer des oeuvres d'art et artisanales, d'agencer harmonieusement des vêtements, des meubles, des objets, de penser en images. Les géographes, les peintres, les dessinateurs de mode, les architectes, les photographes, les caméramans, les sculpteurs, les infographistes, les marins mettent à profit ce potentiel intellectuel.

    Le Corbusier et Léonardo da Vinci sont de bons exemples de cette forme d'intelligence


    Charles-Edouard Jeanneret-Gris - dit Le Corbusier ( 1887 - 1965 ). Né le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds ( Jura Suisse ) et mort le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin (France), plus connu sous le pseudonyme Le Corbusier, qui est une adaptation du nom de son ancêtre du côté maternel " Lecorbésier " d'origine albigeoise, est un architecte, urbaniste, décorateur, peintre et homme de lettre de nationalité suisse, naturalisé Français en 1930.

 

    En 1918, il fonde le purisme, critique du cubisme et retour au dessin rigoureux de l'objet. Ses nombreuses constructions de villas (1922 - 1929 ) et des quartiers modernes comme Frugès à Bordeaux l'amènent à formuler les " cinq points " d'une architecture nouvelle : pilotis - toit-jardin - plan libre - fenêtre en longueur et façade libre. C'est le chef de file du mouvement moderne et il a également oeuvré dans l'urbanisme et le design. Il est connu pour être l'inventeur et le réalisateur de l'Unité d'habitation ( Marseile - cité radieuse, Briey-en-Forêt, Rezé près de Nantes, Firminy vert et Berlin ) sujet sur lequel il a commencé à travailler dans les années 1920. Il a aussi commencé, à cette époque, une réflexion théorique sur le logement collectif qui prendra valeur de solution aux problèmes de logement de l'après-guerre (1945). Sa pensée envisage dans un même bâtiment tous les équipements collectifs nécessaires à la vie : garderie, laverie, piscine, écoles, commerces, bibliothèque, lieux de rencontre. Le Corbusier est peut-être le plus célèbre architecte du 20ème siècle. Il a connu de grands rivaux, déclarait André Malraux dans son hommage posthume à l'architecte en 1965, mais, ajoutait-il, aucun n'a signifié avec une telle force la révolution de l'architecture, parce qu'aucun n'a été si longtemps, si patiemment insulté.


    Léonardo da Vinci ( 1452 - 1519 ). Né en Toscane en 1452 dans le petit bourg dont il porte le nom, à l'ouest de Florence, et mort à Amboise (France) le 2 mai 1519, Léonardo da Vinci est un peintre italien et un homme d'esprit universel, à la fois artiste, ingénieur, scientifique, inventeur, sculpteur, philosophe et écrivain. Le petit Léonardo est élevé par son grand père paternel et consacre la plupart de son temps à jouer dans la nature et à l'observer, ce qui explique peut-être sa passion future pour elle et son insatiable désir de percer ses secrets.

En 1468, Léonardo da Vinci entre comme apprenti dans l'atelier florentin de Del Verrocchio avec comme compagnon de travail Botticelli. Après un an passé aux basses besognes, son maître l'initie à la préparation des couleurs, la décoration, la gravure, la peinture des retables et des fresques. En 1476, il peint son premier tableau " La madone à l'oeillet " et il accumule à force de travail et de lecture, une somme considérable de connaissances dans divers domaines. En 1482, le duc Sforza l'appelle à son service. Il travaille comme peintre mais aussi comme architecte, décorateur, sculpteur. Il consigne les résultats de ses recherches sur des carnets en utilisant un code car bon nombre de ses travaux auraient pu le mener droit au bûcher car en totale opposition avec les prescriptions de l'Eglise à cette époque : disséquer un cadavre, influence de la lune sur les marées, la formation des continents ... etc ... C'est au cours des années 1502 - 1503 qu'il peint " La Joconde " et les esquisses de Léda et le Cygne. En 1506, le maréchal de France, Charles d'Amboise puis Louis 12 lui offre protection et engagement comme peintre et ingénieur ordinaire. En 1514, de retour à Rome, il entre au service du pape Léon 10 et se consacre essentiellement à ses expériences scientifiques. Il est souvent décrit comme l'archétype et le symbole de l'homme de la Renaissance, un génie universel et un philosophe humaniste dont la curiosité infinie est seulement égalée par la force d'invention. Il est considéré comme un des plus grands peintres de tous les temps et peut-être la personne la plus talentueuse dans le plus grand nombre de domaines différents ayant jamais vécu. C'est d'abord comme peintre que Léonardo da Vinci est reconnu. Deux de ses oeuvres, La Joconde et La Cène sont des peintures très célèbres, souvent copiées et parodiées. Comme ingénieur et inventeur, il développe des idées très en avance sur son temps, depuis l'hélicoptère, le char de combat, le sous-marin et jusqu'à l'automobile. En 1516, François 1er le rappelle à Amboise au château de Clos-Lucé où il finira ses jours paisiblement en se consacrant à des travaux d'architecture pour les châteaux royaux et à la recherche scientifique. Ce n'est que quatre siècles plus tard que le génie de Léonardo da Vinci éclata au grand jour.

 

    Pistes pour en favoriser l'expression : l'art, la pratique de sports, la création de cartes d'organisation d'idées, le montage de vidéos, de films, la construction de cartes et chartes, le théâtre, la danse, la bicyclette, la conduite et la peinture.

     L'intelligence corporelle - kinesthésique.

    C'est la capacité d'utiliser son corps pour communiquer ou s'exprimer dans la vie quotidienne ou dans un contexte artistique ; pour réaliser des tâches faisant appel à la motricité fine ; pour apprendre en manipulant des objets ; pour faire des exercices physiques ou pratiquer des sports. Besoin de se lever, de bouger, de toucher, de prendre les choses et jouer avec. Les possibilités d'expression de ses émotions par le corps, de performances physiques, d'utilisation adroite d'outils, montrent la présence d'un potentiel intellectuel à ce niveau. En effet, il existe un potentiel intellectuel, qui permet par exemple, au joueur de volley-ball de calculer la hauteur, la force et l'effet du lancer pour servir son attaquant. Le cerveau anticipe le point d'arrivée du ballon et met en branle une série de mouvements pour résoudre le problème.(Athlètes, danseurs, artisans, chirurgiens, mécaniciens).

    R. Noureev et Z. Zidane sont de bons exemples de cette forme d'intelligence.

      Rudolf Noureev ( 1938 - 1993 ).  Né le 17 mars 1938, dans un train en direction d'Irkoutsk sur les bords du Lac Baïkal (Russie), Rudolf Noureev est un danseur étoile. Après avoir été danseur soliste au Kirov de Leningrad, il se fait naturaliser Autrichien.

    Doté d'une technique exemplaire, il est considéré comme l'un des plus grands danseurs classiques de son époque. Egalement chorégraphe, il fut directeur de la danse à l'Opéra de Paris de 1983 à 1989. En 1945, à 7 ans, Rudolf entre à la " grande école ". La danse entre pour la première fois dans sa vie étant donné que les cours de chant et de danse sont obligatoires. En décembre de la même année, il assiste à une représentation donnée par les danseurs du Bolchoï et du Kirov, à l'Opéra d'Oufa ... c'est à la suite de cette représentation qu'il décide de devenir danseur même contre la volonté de son père. Il commence donc à suivre des cours de danse folklorique puis classique. A 17 ans, il intègre le très prestigieux ballet du Kirov. En 1962, il campe le rôle principal dans " Le Lac des Cygnes " à Covent Garden. C'est également l'année où il rencontre Margot Fonteyn - la grande ballerine anglaise - qui sera sa partenaire privilégiée et l'amie de sa vie. Le duo est improbable et magique : l'un a 23 ans, l'autre 42. Ils deviennent mythiques et proposent un style harmonieux dès leurs premiers pas de deux et font connaître la danse à un public plus large et contribuent à l'explosion de la danse dans les années 1960 - 1970. Noureev devient l'étoile divine et mémorable qu'aura fait danser les plus grands chorégraphes : Maurice Béjart, G. Balanchine ... cet effronté prodigieux, excessif en tout et bête de scène incroyablement magnétique, a accédé au rang de mythe dès l'âge de 23 ans pour ne plus jamais quitter les feux de la rampe. Noureev, l'un des plus grands danseurs du 20ème siècle, monstre sacré du ballet à la grâce inimitable et sensuelle et qui fut applaudi sur toutes les scènes du monde entier, partenaire des plus grandes ballerines et interprète de prédilection de nombreux chorégraphes, s'est éclipsé le 6 janvier 1993, près de Paris, à l'âge de 55 ans.

     Zinedine Zidane ( 1972 - ...... ). Né le 23 juin 1972 à Marseille, Zizou est un footballeur international français. Il est cité parmi les plus grands joueurs de football de tous les temps et est listé parmi les 125 meilleurs joueurs mondiaux encore vivant en 2004, dans un classement de la Fédération internationale de football association ( FIFA ).

    Sportif préféré des Français en 2006, il est classé à 3 reprises meilleur joueur mondial de l'année par la FIFA en 1998, 2000 et 2003 et ballon d'or en 1998. En 2004, il est élu meilleur joueur européen du demi siècle par l'UEFA. Jouant au poste de milieu offensif, il a été le meneur de jeu de clubs prestigieux européens comme la Juventus de Turin et le Réal Madrid avec lesquels il a remporté de nombreux titres internationaux. Il s'illustre principalement au niveau international lors de la victoire finale française à la Coupe du monde de 1998. Il est promu officier de la Légion d'honneur le 1er janvier 2009 et intègre en juin de la même année l'équipe de direction du Réal Madrid en devenant le conseiller du Président et l'ambassadeur du club.

    Pistes pour en favoriser l'expression : s'étirer, faire des jeux de rôles, faire des jeux dramatiques, faire de l'exercice, du théâtre, planifier des événements extérieurs, danser, jouer et faire du sport.

    L'intelligence interpersonnelle ou sociale.

    Elle permet à l'individu d'agir et de réagir avec les autres de façon correcte. Elle l'amène à constater les différences de tempérament, de caractère, de motifs d'action entre les individus. Elle permet l'empathie, la coopération, la tolérance. Cette forme d'intelligence permet de résoudre des problèmes liés aux relations avec les autres ; elle permet de comprendre et de générer des solutions valables pour aider les autres. Les personnalités charismatiques ont toutes une intelligence interpersonnelle très élevée. Actuellement cette aptitude à comprendre les autres de façon correcte est propre aux professions de politicien, commerçant, enseignant, manager d'équipe et guide spirituel. Elle est la caractéristique des leaders et des organisateurs. Elle permet encore d'être habile en résolution de conflits et d'avoir une bonne écoute.

    Mère Térésa et René Lévesque mettaient à profit leur intelligence interpersonnelle de façon exceptionnelle.

    Mère Teresa ( 1910 - 1997 ). Née à Skopje, faisant partie de l'Empire Ottoman aujourd'hui la Macédoine, le 26 août 1910, Mère Teresa de son vrai nom Agnès Gonxha Bojaxhiu est une religieuse catholique, d'origine albanaise mais de nationalité indienne, surtout connue pour son action personnelle caritative. Durant plus de 40 ans elle consacra sa vie aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux mourants d'abord en Inde puis dans d'autres pays.

En décembre 1928, elle part pour l'Inde et arrive à Calcutta le 6 janvier 1929 pour enseigner à l'école des filles Sainte-Marie. Elle en devient la directrice en 1944. En août 1948, elle passe les portes de son couvent de Lorette pour entrer dans le monde des pauvres en vivant au milieu d'eux et en décembre elle alla pour la première fois dans les bidonvilles ... lava les plaies de plusieurs enfants, prit soin d'un vieil homme malade allongé dans la rue et d'une femme tuberculeuse mourant de faim. Elle fonda une congrégation de religieuses qu'elle envoya non seulement dans les autres régions de l'Inde mais aussi dans d'autres pays et notamment au Vénézuela. Durant ces années le monde commença à tourner son regard vers Mère Teresa et le travail qu'elle avait commencé. Elle reçut de nombreux prix pour honorer son travail en commençant par le prix indien Padmashri en 1962 et le prix Nobel de la paix en 1979, alors que les médias, avec un intérêt grandissant, commençaient à suivre ses activités. Vêtue d'une robe de coton blanc et d'un sari blanc bordé de bleu, Mère Teresa s'avère être une des personnalités les plus considérées ; ses oeuvres humanitaires et son ascétisme marquent les mémoires en dépit de son absence. Décédée le 5 septembre 1997, Mère Teresa restera un témoin intransigeant de la foi religieuse traditionnelle. Elle a su capter la soif de spiritualité du monde entier, attirant à elle des soutiens bien au-delà de l'Eglise catholique et fut tenue pour un suprême exemple d'humilité, de dévotion et de charité envers les plus pauvres parmi les pauvres. Perçue comme un modèle de bonté et d'altruisme, son nom a été régulièrement évoqué dans la presse indienne et occidentale pendant le deuxième moitié du 20ème siécle. Mère Teresa a été béatifiée le 19 octobre 2003, à Rome, par le pape Jean-Paul 2.

 
    René Lévesque ( 1922 - 1987 ). Né le 24 août 1922 à Campbellton et décédé le 1er novembre 1987 à Montréal, René Lévesque est un journaliste-reporter, animateur de radio au service international de Radio-Canada, une vedette de télévision via l'émission " Point de mire ", qu'il présente à compter de 1956 devenant ainsi l'un des commentateurs les plus influents du Québec. Il fut aussi député et ministre québécois. René Lévesque entreprend ses études primaires à l'école de New Carlisle, en Gaspésie, puis part au collège de Gaspé où il commence des études classiques.

    Bien que dans sa famille la langue usuelle soit le français, René Lévesque apprend très tôt l'anglais au contact de ses voisins britanniques ou américains. Sa mère s'installant à Québec, il reprend ses études au collège Saint-Charles dans lequel il terminera ses études secondaires. Il commence des études de droit à l'Université Laval de Montréal mais les quitte en 1943 avant d'en avoir terminé pour devenir correspondant de guerre attaché aux armées américaines. Indépendantiste québécois il fut le premier leader politique, depuis la Confédération, à tenter par le biais d'un référendum de négocier l'indépendance du Québec. Ainsi, il fonde le Parti québécois en 1968 et exerce la fonction de premier ministre du Québec de 1976 à 1985. Mais en 1980, il voit rejeter par les Québécois son projet de souveraineté du Québec en association avec le Canada. Qu'on soit en accord ou non avec ses objectifs politiques, on ne peut qu'admirer l'intégrité, l'honnêteté, le courage et les qualités de démocrate de cet homme qui gouverna le Québec pendant 9 ans. C'est un des plus grands hommes politiques que le Québec ait connu, sinon le plus grand. Au-delà de ses douces extravagances ( en retard à tous ses rendez-vous, mal fringué, fumant comme une cheminée et se pésentant à Paris avec des souliers sports confortables pour des dîners officiels ultra guindés ), René Lévesque est un homme fier, animé par la passion du Québec, un homme dont l'honnêteté et la vision resteront à jamais gravées dans la mémoire de tous les Québécois francophones qu'il a tant aimés et dont il a rêvé de leur donner un pays où ils pourraient enfin s'épanouir. 

    Pistes pour en favoriser l'expression : se faire des amis facilement, préférer les situations gagnant / gagnant, mener les discussions, pratiquer l'enseignement par les pairs et la collaboration, diriger les projets, conseiller les amis, comprendre les préoccupations des autres, manifester de l'empathie.

    L'intelligence intrapersonnelle.

    C'est l'aptitude à faire de l'introspection, c'est-à-dire à revenir à l'intérieur de soi, à identifier ses sentiments, à analyser ses pensées, ses comportements et ses émotions. Cette forme d'intelligence permet de se comprendre soi-même, de voir ce qu'on est capable de faire, de constater ses limites et ses forces, d'identifier ses désirs, ses rêves et de comprendre ses réactions. C'est aussi la capacité à aller chercher de l'aide en cas de besoin. En somme, c'est être capable de se faire une bonne représentation de soi. Elle permet encore de résoudre des problèmes reliés à notre personnalité et de travailler sur soi souvent dans la solitude pour trouver un sens à sa vie ... théologiens, thérapeutes, poètes, romanciers, acteurs.

    Gandhi et Antoine de Saint-Exupéry sont de bons exemples de cette forme d'intelligence.


    Mohandas Karamchand Gandhi ( 1869 - 1948 ) encore appelé Mahatma (Grande âme) Gandhi. Dirigeant politique du Mouvement pour l'indépendance, philosophe et important guide spirituel de l'Inde, Gandhi est né à Porbandar le 2 octobre 1869 et s'est éteint à Delhi le 30 janvier 1948. Il a vécu toute sa vie en tant qu'Hindou mais dans une famille ouverte aux autres communautés religieuses c'est sans doute pendant cette période au sein de sa famille que se forgent ses convictions morales. Il fait preuve de beaucoup de respect et d'attachement envers ses parents. Gandhi est, selon ses propres termes, un élève médiocre à l'école primaire de Porbandar pour ensuite devenir un peu plus studieux au collège à Rajkot. Il passe l'examen d'entrée à l'Université de Samaldas en 1887 mais est complètement dépassé par des exigences qui lui semblent hors de portée. Pendant cette période de sa vie, Gandhi forge des aspects très importants de son éthique et de sa personnalité tels que l'honnêteté, la tolérance, le respect de ses aînés et surtout le rejet du mensonge et la recherche de la vérité. 

    A l'âge de 18 ans, sur les conseils d'un vieil ami de la famille, Gandhi part pour l'Angleterre où il s'inscrit à l'University College de Londres pour devenir avocat. Après avoir été facilement admis au barreau d'Angleterre et du pays de Galles, il reprend le bateau pour l'Inde le 12 juin 1891. En 1893, une société indienne lui propose un contrat d'un an au plus en Afrique du Sud ... Gandhi accepte. Il ne le sait pas encore, mais c'est le tournant de sa vie. Il y restera finalement 22 ans. Ce long séjour en Afrique le change de manière spectaculaire, d'une part en lui donnant, par sa réussite professionnelle, l'assurance qui lui manquait jusque là et d'autre part, en éveillant sa conscience politique par les témoignages de discrimination envers les Noirs et la Communauté indienne immigrée auxquels il sera confronté dans ce pays. Cette discrimination constante marquera, à l'évidence, un tournant dans la vie de Gandhi et lui servira ensuite de catalyseur pour son militantisme. C'est en étant témoin indirect de l'intolérance, du racisme, des préjugés et de l'injustice contre les Indiens d'Afrique de Sud que Gandhi commence à réfléchir au statut de son peuple et à sa propre place dans la société. C'est en janvier 1915 qu'il rentre en Inde et qu'il découvre qu'il ne connaît pas son propre pays. Il décide alors de le parcourir de long en large, allant de village en village afin de rencontrer l'âme indienne et connaître ses vrais besoins. La première réussite majeure de Gandhi vient en 1918 lorsqu'il organise la résistance civique pour les dizaines de milliers de fermiers sans terre, pour les serfs et pour les petits propriétaires pauvres qui sont forcés de cultiver l'indigo et autres produits d'exportation au lieu de cultiver la nourriture nécessaire à leur subsistance. C'est à partir de cette époque que Gandhi est baptisé par le peuple Mahatma et sa célébrité s'étend alors à l'Inde entière. Il est décidé de mettre un terme à l'exploitation coloniale de son pays, sans répandre une goutte de sang. Il y parvient le 15 août 1947, grâce à un programme de non coopération ( boycott des écoles, tribunaux et produits britanniques ) et de manifestations silencieuses. Il est ainsi devenu le pionnier et le théoricien de la résistance à l'oppression à l'aide de la désobéissance civile de masse le tout fondé sur la non violence - toute violence est maléfique et ne peut être justifiée - conduisant ainsi l'Inde à l'indépendance. Gandhi a inspiré non seulement de nombreux mouvements de libération autour du monde mais aussi de nombreuses personnalités comme Albert Schweitzer - Martin Luther King - Nelson Mandela - le Dalaï Lama ...... Gandhi meurt victime d'un extrémiste qui souhaitait la création d'un Etat hindou " l'Hindoustan " au lieu de l'Inde laïque et multiconfessionnelle. Gandhi a été reconnu comme le Père de la nation, son anniversaire y est fête nationale. Cette date a été déclarée " Journée internationale de la non violence " par l'Assemblée générale des Nations Unies. Gandhi figure au panthéon des plus grandes personnalités du 20ème siècle. Aujourd'hui encore, l'empreinte de Gandhi est vivante en Inde même si la Société juste, égalitaire et non violente dont il avait rêvé reste à construire.

 
    Antoine de Saint-Exupéry ( 1900 - 1944 ). Né le 29 juin 1900 à Lyon et disparu en vol le 31 juillet 1944, Antoine de Saint-Exupéry est le troisème enfant du vicomte de Saint-Exupéry et de Marie de Fonscolombe.

    Il commence ses études au Cours Préparatoire chez les Frères des Ecoles chrétiennes à Lyon puis au collège des Jésuites au Mans où il restera jusqu'à la guerre de 1914. En 1912, il reçoit son baptème de l'air et en est subjugué. En 1917, bien qu'élève peu brillant, il obtient son baccalauréat. Très affecté par la disparition de son jeune frère, il s'enferme dans un mutisme douloureux. En 1921, il effectue son service militaire au 2ème Régiment d'aviation à Strasbourg et obtient la même année son brevet de pilote civil. C'est en 1922 qu'il obtiendra son brevet de pilote militaire et qu'il rejoindra Le Bourget. En 1926, il publie sa première oeuvre " L'Aviateur " et est enfin chargé de convoyer son premier courrier sur Alicante, puis de Toulouse au Sénégal avant de rejoindre l'Amérique du Sud en 1929. En 1939, il est mobilisé dans l'armée de l'air et rejoint une unité chargée de reconnaissances photographiques en vue du débarquement en Provence. Il disparaît dans des circonstances mystérieuses probablement lors de sa mission du 31 juillet 1944 et son avion n'a été retrouvé qu'en 2004. Le Petit Prince - conte allégorique de l'amour et de la fraternité - écrit à New York et publié en France en 1945 devient très vite un immense succès mondial. 

Pistes pour en favoriser l'expression : penser des stratégies, imaginer, écrire un journal, se relaxer, apprendre sur soi-même, pratiquer des exercices de concentration, réfléchir, méditer, se réserver des temps pour réfléchir seul.

    L'intelligence naturaliste.

    Elle est l'intelligence du biologiste, du botaniste, de l'écologiste, de l'océanographe, du zoologiste, de l'explorateur, du chasseur, du chef cuisinier. L'individu est capable de classifier, de discriminer, de reconnaître et d'utiliser ses connaissances sur l'environnement naturel, sur les animaux, sur les végétaux ou sur les minéraux. L'individu a un souci constant de la nature. Il aime posséder un cahier de notes d'observation ou garder ses observations en mémoire ; il aime prendre soin d'animaux, cultiver un jardin. Il est conscient du monde qui l'entoure et aime être à l'extérieur.

    Charles Darwin et Nicolas Hulot sont de bons exemples de cette forme d'intelligence.

 


    Charles Darwin ( 1809 - 1882 ). Né le 12 février 1809 à Shrewsbury et décédé le 19 avril 1882, Darwin est un naturaliste anglais dont les travaux et la théorie de l'évolution appelée aussi la théorie de la descendance modifiée par le moyen de la sélection naturelle des espèces vivantes ont révolutionné et ouvert la voie de la pensée moderne biologique. Un père médecin et un grand père naturaliste ont certainement donné au petit Charles un esprit scientifique. Cependant, il montre peu d'intérêt pour les études et en 1818 il quitte la petite école de Shrewsbury pour la grande école du docteur Butler où il va rester 7 ans. En 1835, Darwin commence ses études de médecin à l'Université d'Edimbourg mais abandonne après 2 ans pour suivre des cours de Théologie qu'il abandonnera aussi pour finalement, sur les conseils du botaniste Stevens Henslow, étudier la géologie.

    En 1831, il obtient une place sur le Beagle, un bateau en partance pour cartographier la côte de l'Amérique de Sud. Durant ce voyage de 5 ans, Darwin va surtout collectionner les spécimens et les fossiles des espèces qu'il va rencontrer. En 1832, en Uruguay, trouvant des fossiles de grands tatous, il constate que l'espèce a diminué de taille ...... première hypothèse d'évolution. C'est surtout dans les îles Galapagos, en 1835, que ses observations l'amènent à élaborer l'ébauche de sa théorie. Il remarque qu'une même espèce retrouvée sur plusieurs îles présente des différences notoires. Le cas des pinsons est exemplaire de ces évolutions : suivant le lieu le bec est adapté aux différentes sortes de nourriture. En 1836, de retour en Angleterre, il commence à élaborer sa théorie de l'évolution. Mais il faudra attendre 1859 pour que son ouvrage " L'origine des espèces par la sélection naturelle " soit publié. Les réactions sont rapides et nombreuses tant dans la Communauté religieuse que dans la Communauté scientifique. En effet, Darwin nous apprend que l'apparition de l'être humain sur terre est la conséquence de diverses métamorphoses qui ont affecté le corps des singes dans un lointain passé. Ainsi Darwin nous force à repenser la distinction classique entre l'humain et l'animal. Sa théorie nous conduit à admettre que nous sommes le résultat improbable d'un long processus biologique qui a débuté il y a plusieurs millions d'années. Le débat fit rage pendant plusieurs années et sa théorie fait l'objet de multiples attaques. Les principes de fond de sa théorie ont été confirmés au fil du temps. Dès 1865, le moine Gregor Mendel découvrit, grâce à une expérimentation sur les petits pois, les lois de l'hérédité des caractères. Ceci permit de démontrer que l'un des postulats de Darwin était vrai : une évolution / mutation peut se transmettre à sa descendance. Jusqu'à la fin de sa vie, Darwin continuera à publier et à répondre aux attaques. Il fut tout de même reconnu de son vivant pour la richesse de ses travaux et devient membre de la Royal Society of London, ainsi, qu'en 1878, membre de l'Académie des Sciences en France. Bien qu'elle ne conduise pas directement à un développement technologique, sa théorie constitue néanmoins une des révolutions scientifiques les plus importantes de l'époque moderne. Si les biologistes de notre époque ont pris leurs distances vis-à-vis du naturaliste anglais, il faut reconnaître que sa doctrine de la sélection naturelle domine encore dans la conception actuelle de l'évolution car d'un point de vue philosophique, la découverte de Darwin va complètement bouleverser l'image de l'humain.

    Nicolas Hulot ( 1955 - ....... ). Né le 30 avril 1955 à Lille, Nicolas Hulot est un reporter et écrivain français. Il fit ses études au lycée Saint-Jean de Passy dans le 16ème arrondissement de Paris.

Il débute sa carrière dans les médias, à la radio et plus précisément à France Inter. En 1980, il fait ses débuts à la T.V. dans une émission pour enfants " Les visiteurs du mercredi ". Dès 1987, il présente l'émission télévisée Ushuaïa, le magazine de l'extrême, diffusée sur TF 1. Il devient grâce à cette émission un familier des téléspectateurs et un des grands porte-parole français de la sauvegarde de la nature de ces vingt dernières années. Dans cette émission, il montre les dommages causés à la Terre par l'humanité et tente de sensibiliser les téléspectateurs à ce qui motive son soutien pour le changement de conscience écologique. Officier de la Légion d'honneur, Chevalier des Arts et Lettres, il est le président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme qu'il crée en 1995. Critiqué par une partie du mouvement écologiste français comme trop consensuel, il est l'auteur d'un film sorti en octobre 2009 " Le syndrome du Titanic " dont le discours portant sur la question de " l'urgence écologiste " est perçu comme une radicalisation par certains.

    Pistes pour en favoriser l'expression : concevoir des systèmes, structurer des idées, poser des questions, mettre les choses en ordre, regrouper les gens, jardiner, concevoir des décorations intérieures, faire de la recherche scientifique.

    L'intelligence existentielle.

    L'intelligence existentielle se définit par l'aptitude à se questionner sur le sens et l'origine des choses. C'est la capacité à penser nos origines et notre destinée, à se situer par rapport aux limites cosmiques ( infiniment grand et infiniment petit ) ou à édicter des règles ou comportements en rapport aux domaines de la vie.

    Winston Churchill est un bon exemple de cette forme d'intelligence.

    Sir Winston Leonard Spencer Churchill ( 1874 - 1965 ). Né à Woodstock le 30 novembre 1874 et mort le 24 janvier 1965 à Londres, Winston Churchill est un homme politique britannique. Surtout connu pour avoir dirigé le Royaume-Uni et célèbre pour son rôle pendant la seconde guerre mondiale durant laquelle il a incarné la résistance du peuple britannique face aux assauts des nazis. Cet homme d'Etat fut premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945 et de nouveau de 1951 à 1955, fut officier de l'armée britannique, journaliste, historien, artiste et écrivain lauréat du prix Nobel de littérature en 1953.

    Winston Churchill est l'auteur de nombreux ouvrages dont surtout " Mémoires de guerre " (1948 et 1954) précieux témoignages sur son extraordinaire tenacité dans une des périodes les plus sombres de la Grande-Bretagne et du monde libre. Indépendant et rebelle par nature, Winston Churchill est mal noté à l'école ce qui entraîne des punitions. Il entre à Harrow School le 17 avril 1888 et y fait des études médiocres. Puis il passe par l'école militaire de Sandhurst où il obtient des notes élevées en anglais et en histoire et un titre de champion d'escrime de l'école. Il sort de là avec le goût de l'aventure et le désir de se faire rapidement connaître. Durant sa brève mais mouvementée carrière militaire pendant laquelle il est surtout un correspondant, un journaliste de guerre pour le Morning Post, il écrit des livres sur ses campagnes militaires tels que L'Histoire de Malakand Field Force en 1898 et The River War en 1899. Il quitte l'armée britannique la même année. Durant sa carrière civile, longue de près de 60 ans et cela depuis 1900, il occupe de nombreux postes politiques et ministériels. Le 10 mai 1940, il devient Premier ministre du Royaume-Uni et conduit le pays à la victoire contre les puissances de l'Axe. Mais Churchill se décrit lui-même comme affligé d'un " défaut d'élocution". Après avoir travaillé de longues années à le surmonter, il déclara finalement " Mon défaut n'est pas une entrave ". On présente souvent aux stagiaires orthophonistes des cassettes vidéos montrant les manies de Churchill pendant ses discours et la Stuttering Foundation of America présente la photo de Churchill sur sa page d'accueil, comme l'un de ses modèles de bègues ayant réussi. Nonobstant cet handicap, ses discours marquent le peuple britannique et les forces allièes. En 1946, il dénonce le rideau de fer ; la même année, à l'Université de Zurich, il formule les conclusions qu'il a tirées des leçons de l'Histoire dans le fameux " discours à la jeunesse étudiante " : " il existe un remède qui redonnerait en l'espace de quelques années la liberté et la sérénité à toute l'Europe. Il consiste à recréer la famille européenne dans une aussi large mesure que possible et de la doter d'une structure au sein de laquelle elle puisse vivre en paix, en sécurité et en liberté. Nous devons construire une sorte d'Etats-Unis d'Europe. C'est ainsi que l'homme qui avait été le moteur de la coalition contre Hitler devint un militant actif de la cause européenne. Il prend sa retraite en 1955. La Reine Elisabeth 2 lui a conféré et l'a élevé à la dignité de Chevalier en le revêtant des insignes de l'Ordre de la Jarretière en 1953. Parmi les autres honneurs innombrables et les décorations qu'il a reçues, une mention spéciale doit être donnée à " La citoyenneté d'honneur des Etats-Unis " que le Président Kennedy lui a conféré en 1963. A sa mort, le Reine lui fit l'honneur d'avoir des obsèques nationales qui furent l'un des plus importants rassemblements d'hommes d'Etat dans le monde. 

 

    L'intelligence spirituelle.

    L'intelligence spirituelle est étroitement liée à l'accomplissement d'un besoin profond de l'être humain - celui de sentir que tout a un sens. Elle réunit un certain degré de maturité émotionnelle et morale ainsi qu'un comportement éthique. Elle implique de la sagesse - à l'idée de sagesse qu'on les bouddhistes - et de la compassion manifestées face aux autres gens quel que soit le sexe, la croyance, l'origine ethnique, l'âge en tant que forme de respect pour toute forme de vie. Elle suppose aussi un certain sens de l'introspection et de la compréhension basée sur le désir de reconnaître les illusions, de se détacher de ce qui est éphémère et d'éclaircir les questions liées à la liberté existentielle et à la mort. Elle implique la connection de la vie intérieure à la vie extérieure, avec les actions et le service offert à l'humanité. Elle permet de se questionner sur le sens et l'origine des choses et de prendre conscience de sa place dans l'univers. ( Philosophes - Théologiens ).

    Le Dalaï-Lama est un bon exemple de cette forme d'intelligence.

     Tenzin Gyatso - 14ème Dalaï-Lama (Océan de sagesse) - ( 1935 - ....... ). Né le 6 juillet 1935 à Takhester, au nord-est du Tibet, dans une famille de petits paysans, le Dalaï-Lama est reconnu par les Tibétains comme le plus haut chef spirituel du Tibet et comme la réincarnation du bodhisattva de la compassion ( ce sont des êtres éclairés qui ont choisi de renaître pour le bien de tous les êtres ). Il est encore la manifestation du Bouddha de la Compassion qui a choisi de se réincarner pour servir l'humanité. 

    Le petit Gyatso reçoit alors une éducation religieuse et spirituelle complète de haut niveau le préparant à ses fonctions de chef spirituel bouddhiste et chef séculier du peuple tibétain. IL est docteur en philosophie bouddhiste. C'est en 1950, à l'âge de 15 ans, que le Dalaï-Lama devient chef d'Etat et chef du gouvernement tibétain. Il passe les 9 années qui suivent à la recherche d'une solution pacifique à la crise par rapport à la Chine avant d'être contraint de fuir en Inde. Aujourd'hui encore, non seulement les Tibétains sont sévèrement réprimés et empêchés de s'exprimer, mais en plus, ils subissent la très forte pression d'une politique de colonisation. " Si rien ne change, la culture tibétaine risque de disparaître d'ici 15 ans ", affirme le Dalaï-Lama. Malgré cela, il persévère dans la voie de la non violence et demande à la Chine de négocier pour aboutir à un compromis politique. Le Dalaï-Lama a reçu le soutien de nombreuses personnalités et institutions de par le monde pour sa lutte non violente pour la liberté du Tibet. Il a reçu le Prix Nobel de la paix en 1989. Personnalité exceptionnelle, il a rassemblé les Tibétains en exil. Souvent, le Dalaï-Lama dit de lui qu'il est un simple moine, ni plus ni moins. En exil à Dharamsalla, au nord-ouest de l'Inde, il s'adonne essentiellement à la méditation et aux prières. Par ailleurs, il voyage beaucoup dans le monde pour donner des conférences à l'occasion de rencontres bouddhistes ou encore pour s'entretenir avec des personnalités politiques. Rien ni personne ne semble altérer le sourire du Dalaï-Lama résolument confiant dans " l'avenir à long terme ". Nul doute que la notoriété du " Maître de sagesse " ira en grandissant bien au-delà des considérations religieuses ou intellectuelles. Car, à l'heure de l'essoufflement des idéologies, le Dalaï-Lama demeure un modèle d'accomplissement spirituel et un médiateur exemplaire de sagesse et de paix. Il met l'accent sur la responsabilité universelle et l'interdépendance des individus et des nations dans la réalisation de la bonté essentielle de la nature humaine. Depuis des années, le Dalaï-Lama voyage inlassablement pour enseigner la paix et dispenser la sagesse et la joie. Le Dalaï-Lama est porteur d'un message qui touche le coeur de chacun et qui dépasse son identité de moine et de bouddhiste. Il a développé une dimension d'humanité qui le rend universel. Sa vie exceptionnelle ne l'a pas mis à l'abri des épreuves. Au contraire et c'est sans doute à travers la souffrance acceptée, assumée et dépassée qu'il trouve la force de nous exhorter à construire un monde meilleur plus fraternel, fondé sur des valeurs qui donnent un sens à la vie.

     Pour continuer à alimenter la construction de notre savoir, la richesse de notre débat, la profondeur de nos convictions, voici une succession de déclencheurs qui réanimeront, je l'espère, votre envie de savoir :

    1. Pourquoi l'école apprend-elle tout, sauf le bonheur d'apprendre ?
        Pourquoi l'école rend-elle ennuyeuses des matières passionnantes ?
        Pourquoi l'école sélectionne-t-elle avant d'éduquer, élimine-t-elle avant d'instruire ?
        
Pourquoi l'école s'acharne-t-elle à dispenser un enseignement identique à des enfants différents?
        Pourquoi l'école ne peut-elle être un remède au chômage et à la violence ?

    Questions posées par François de Closets dans son ouvrage : " Le bonheur d'apprendre et comment on l'assassine " chez Seuil en 1996.


    François de Closets ( 1933 - ...... ). Né à Enghien-les-Bains, le 25 décembre 1933, dans une famille bourgeoise, François de Closets est un journaliste et producteur de télévision français. Après des études de droit, il a rejoint l'Institut d'études politiques de Paris ( Sciences-PO ) dont il fut diplômé en 1958. Il a mené,en parallèle, une double carrière de journaliste et d'écrivain.

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En 1961, il entre comme journaliste à l'Agence France-Presse. A la télévision, il a débuté au Journal Télévisé puis, après une interruption suite aux événements de 1968, il a produit pendant une trentaine d'années des émissions sur T.F.1 et sur Fr.2 à caractère scientifique : " Les grandes énigmes de la Science " - c'est le précurseur des émissions " C'est pas sorcier " bien connues des professeurs de sciences d'aujourd'hui -, à caractère économique : " L'enjeu ", à caractère médical : " Savoir plus santé ". Comme écrivain, il a consacré une vingtaine d'essais, dont la plupart furent des best-sellers, à la société française. Sur des thèmes très variés, il s'est ataché à mettre en lumière les blocages de son pays face à l'évolution du monde moderne. En 1988, il a présidé la commission Efficacité de l'Etat, dans le cadre du Commissariat général au Plan. Le rapport final : " Le pari de la responsabilité " inspirera la politique du gouvernement sur le renouveau du service public. Aimant s'exprimer dans les supports les plus divers, il n'a cessé de déplacer ses centres d'intérêt au gré de sa curiosité, des questions scientifiques aux problèmes de société, en passant par l'économie, la communication, la santé et la culture. Ses livres ont souvent provoqué de vives réactions, mais en raison de la diversité des sujets qu'il traite et des positions qu'il prend, ces critiques sont venues de milieux fort différents. François de Closets se veut d'abord un homme d'information jaloux de son indépendance.

 

     2. Notre pédagogie consisterait-elle à submerger les apprenants de réponses à des questions qu'ils n'ont pas posées ? Karl Popper.

    Karl Popper ( 1902 - 1994 ), né à Vienne en 1902, est

incontestablement l'un des plus grands et des plus influents philosophes des Sciences du 20ème siècle. Très jeune, il s'intéresse aux disciplines et aux arts les plus divers. D'abord tenté par une carrière musicale où il étudie le violon et le piano, puis par un engagement politique qui dura toute sa vie et où il s'est vivement intéressé au sort politique du genre humain. Durant toutes ses années de formation fondamentale, Popper aura de nombreuses occupations. Il sera un temps travailleur social et s'occupera d'enfants abandonnés. Il travaillera également dans les dispensaires d'Alfred Adler et aussi de 1922 à 1924 comme apprenti ébéniste.Il entreprit ensuite des études universitaires en concentrant son intérêt dans l'étude de la physique et des mathématiques. Diplômes en poche, il enseigna la physique, les mathématiques et la chimie dans un Lycée. En 1937, sous la poussée de l'antisémitisme, il émigre en Nouvelle-Zélande, où il accepte un poste d'enseignant à la Canterbury University College de Christchurch. En 1945, il réintègre l'Europe où il est invité à la prestigieuse London School of Economics, où il enseigne la logique et la méthodologie des sciences. Pendant toute sa carrière, il s'est aussi intéressé à la théorie de l'évolution de Darwin, dont le schéma servira de leitmotiv de son " épistémologie évolutionnaire " essentiellement basée sur la notion d'apprentissage par essais et erreurs. Son maître ouvrage " La logique de la découverte scientifique " accorde une place relativement importante à l'analyse de l'histoire, de la sociologie et de l'économique. L'oeuvre de Karl Popper est assurément l'une des grandes réalisations intellectuelles de l'histoire de la philosophie et de la philosophie des Sciences en particulier. Il habitera la banlieue de Londres jusqu'à sa mort en 1994.

    3. Mais suffit-il d'observer un ..................... pour s'approprier son art ? ( Y.K. )

    4. " Former " n'a de sens que s'il est suivi de deux compléments : former quelqu'un à quelque chose ". ( Y.K. ).

    5. " L'enseignement qui n'entre que dans les yeux et les oreilles ressemble à un repas pris sans rêve ". ( Y.K. ).

    6. Personne n'apprend quoi que ce soit en restant à ne rien faire. ( Ecole des entraîneurs de Paris ).

    7. Comment apprendre s'il n'existe pas une résonnance affective positive entre l'apprenant et le formateur, entre l'apprenant et le savoir ? L'attachement réciproque et le plaisir dans le travail sont des facteurs majeurs et incontournables dans l'acte d'apprentissage. ( Y.K. ).

    8. Les conaissances ne se transmettent pas, elles se reconstruisent et chacun le fait à son rythme. ( Y.K. ).

    9. Une situation d'apprentissage exigeante sera perçue par celui ou celle qui la reçoit comme une reconnaissance de ses compétences existantes ou en devenir. ( Y.K. ).

    10. Les formateurs souhaitent que leurs apprenants se souviennent en permanence de ce qu'ils leur ont enseigné. Il est intriguant de constater, à ce propos, que les deux structures du cerveau principalement responsables de la mémorisation à long terme se situent dans le système émotionnel. ( David Sousa ).

    Le neurobiologiste Paul MacLean vient confirmer cette affirmation de David Sousa avec sa théorie du cerveau triunique. 

    Paul MacLean ( 1913 - 2007 ). Médecin et neurobiologiste américain, docteur à l'Université de Bethesda (USA), Paul MacLean est né le 1er mai 1913 à Phelps ( Etat de New York ) et est décédé le 26 décembre 2007. Il est l'auteur de la théorie dite du cerveau triunique selon laquelle l'évolution de cerveau dans le règne animal se retrouve dans la structure du système nerveux central humain avec un étage reptilien, un étage limbique ( mammalien ) et enfin le néocortex ( néomammalien ) qui occupe les 2/3 de la masse cérébrale.

    Le cerveau reptilien - tronc cérébral, cervelet et bulbe olfactif - aussi appelé cerveau primitif, archaïque, se serait développé il y a plus de 500 millions d'années. Il remonterait à l'époque où des poissons sortent de l'eau et deviennent batraciens puis reptiles. Il contrôle les muscles et les fonctions autonomes ( respiration et battements du coeur ). Il se charge de la survie de l'organisme : respirer, boire, manger, dormir, assurer la défense du territoire (agressivité) et la survie de l'espèce (se reproduire). Quand un enfant, un adolescent, un adulte dit : " dégage de ma place " il laisse s'exprimer son cerveau reptilien. Ce cerveau aime garder la même place et conserver les mêmes habitudes. Il est le lieu de la routine, des itinéraires fixés à l'avance, des rituels. Chez l'homme il régit le comportement inné qui sert à maintenir la vie et conserver l'espèce. C'est lui qui gère notamment notre réaction devant un danger extérieur. C'est lui qui a l'instinct d'imitation. Dans la vie courante, son activité reste inconsciente et c'est très bien ainsi.

    Le cerveau paléomammalien ( système limbique ) - hypothalamus, hippocampe et amygdale - aussi appelé cerveau relationnel se serait développé il y a 65 millions d'années avec l'apparition des premiers mammifères. Il est le siège, de l'attention et des souvenirs affectifs. C'est le cerveau des émotions qui catalogue ce qui est vécu comme agréable, gratifiant et enregistré comme à recommencer, à rechercher ; ou bien ce qui est vécu comme désagréable et enregistré comme à éviter ou fuir. Il permet l'adaptation au milieu social par l'empathie, nous permet de vivre en société par l'intégration à un groupe et permet l'amour. Il nous permet de nous occuper de nos enfants, d'avoir le sens de la famille, du clan. Il gère nos émotions, nos sentiments et est le centre de la mémoire. Grâce à lui, nous pouvons apprendre et corriger nos erreurs, nous améliorer. Il est cependant imperméable à toute logique.

    Le cerveau néomammalien ou néocortex fabrique les idées et les garde. Il analyse, anticipe, prend des décisions, gère les commandes motrices volontaires. Avec sa centaine de milliards de neurones et dépourvu d'émotions, le néocortex pourrait apparaître comme un ordinateur, comme un monstre froid. Le néocortex culmine chez l'humain avec ses deux gros hémisphères cérébraux. C'est grâce à eux que se développera le langage, la pensée, l'imagination, la conscience. Il est souple et a des capacités d'apprentissage quasi infinies. C'est le néocortex qui fait que l'être humain est différent de tous les autres animaux. Pourtant, il y a dans notre néocortex une partie de nous qui nous rend vraiment humain : les lobes frontaux qui permettent à l'Homme de penser à l'autre, d'être altruiste, de se sentir responsable des autres, ils nous permettent de créer et de nous projeter dans l'avenir.

    Comment fait l'information nerveuse pour arriver au néocortex ? D'abord, elle arrive au cerveau reptilien. Si la survie de l'organisme n'est pas menacée, l'information passe. Par contre, si l'organisme a faim, parce qu'on a oublié de déjeuner, l'information est ralentie, freinée voire bloquée si la faim est énorme. Vous ne captez plus rien du cours, si génial d'habitude, de Monsieur X, c'est bien connu : " ventre creux n'a pas d'oreilles " proverbe reptilien. L'information arrive dans le cerveau mammalien (système limbique) qui analyse l'information pour savoir si elle est agréable ou désagréable. Si elle est jugée agréable, il la laisse passer au cortex, et ouf !! peut-être aurez-vous enfin la réponse à votre problème de math. Mais s'il la juge désagréable, dans le pire des cas, le système limbique ne laissera pas l'information aller jusqu'au cortex .... échec garanti. Mais comment juge-t-il si c'est " agréable " ou " désagréable " ? En fait, il compte combien il y a de + (agréable) ou de - (désagréable). Exemple : votre problème de math : si vous vous dites ou si vous pensez : que vous êtes nul en math, c'est un - ; que de toute façon ce prof est un gros nul, c'est un - ; qu'il ne vous aime pas, c'est un - ; que dans votre famille, on n'a pas la bosse des maths, c'est un - ... etc .... Si vous restez avec tous ces moins, vous serez dans la situation décrite par ce proverbe limbique : " l'échec appelle l'échec ". Si par contre vous positivez, là vous créer des +. L'équipe la plus nombreuse gagne la partie. Exemple :  que fait d'ailleurs un entraîneur avant un match ? ..... il positive les joueuses en leur disant : " on va gagner (+), on est les meilleures (+), on joue le meilleur volley (+), ... etc .... Ainsi, l'information passe directement au cortex, et l'équipe, si elle s'est bien entraînée, peut gagner ou en tout cas jouer au mieux de ses possibilités. C'est ce que dit un vieux proverbe limbique : " Si tu pars perdant, t'es sûr de perdre " ou encore " pars gagnant si tu veux gagner ". En plus, quand une information est jugée agréable, très agréable (beaucoup de +), non seulement le système limbique la fait passer au néocortex, mais en plus le néocortex la traite en urgence.

    En conclusion de ses recherches, Mac Lean suggère que la plupart des comportements sont le résultat d'une coopération complexe entre ces trois systèmes du cerveau. Cette conclusion est d'une importance particulière pour la planification et les pratiques d'apprentissage. En effet, quand les besoins fondamentaux ne sont pas remplis ou s'il y a un contexte émotionnel menaçant par rapport à l'apprentissage, le cerveau peut littéralement rétrograder à la survie de la pensée de base.

    Le docteur Paul Mac Lean, chercheur scientifique principal à l'Institut national de santé mentale, a apporté, à travers son travail de recherche, une contribution significative et considérable à la compréhension du fonctionnement du cerveau humain. Son travail a des implications profondes pour l'enseignement et l'apprentissage tout au long de la vie. Très peu de théories dans l'histoire des neurosciences ont eu une importance et une portée aussi large que celle de Mac Lean.

    Ainsi, nos trois cerveaux sont là. Les deux premiers fonctionnent de façon inconsciente. Nous ne savons pas ce qu'ils nous font faire : pulsions, automatismes culturels. Et le troisième nous fournit un langage explicatif qui donne toujours une excuse, un alibi au fonctionnement inconscient des deux premiers. Tant qu'on n'aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l'utilisent et tant que l'on n'aura pas dit, que jusqu'ici, que cela a toujours été pour dominer l'autre, il y a peu de chance qu'il y ait quoi que ce soit qui change. ( Henri Laborit ).

    Henri Laborit ( 1914 - 1995 ). Philosophe du comportement humain, médecin, chirurgien et neurobiologiste français, Henri Laborit est connu du grand public pour la vulgarisation des neurosciences grâce notamment à sa participation au film " Mon oncle d'Amérique " d'Alain Resnais. Malgré les séquelles d'une tuberculose contractée à 12 ans, il suit ses humanités sans heurts et obtient son baccalauréat à Paris, au Lycée Carnot.

A vingt ans, il passe le concours d'entrée à l'Ecole principale du service de santé de la Marine, à Bordeaux. Avec le diplôme de médecin, il exerce d'abord dans la Marine, puis se tourne vers la chirurgie à l'hôpital du Val-de-Grâce. C'est là, en collaboration avec les psychiatres du Centre hospitalier Sainte-Anne qu'il étudie les phénothiazines. Ses travaux aboutissent, en 1951, à la découverte du premier neuroleptique, la chlorpromazine commercialisée sous le nom de Largactil. En 1957, il reçoit le prix Albert Lasker pour la recherche médicale. L'argent récolté grâce à la commercialisation de la chlorpromazine lui permet de poursuivre par la suite ses recherches dans un laboratoire de l'hôpital Boucicaut, tout en restant personnellement rémnunéré par le service de santé des armées. En 1958, il crée le laboratoire d'Eutonologie à l'hôpital Boucicaut et en restera le directeur jusqu'à sa mort. En 1968, il publie son premier ouvrage de vulgarisation " Biologie et structure ". De 1978 à 1983, il est professeur invité de bio-psycho-sociologie à l'Université du Québec où il donne des cours avec son ajoint à Boucicaut : le docteur Bernard Weber. Il est le père de l'actrice Maria Laborit, du psychiatre Jacques Laborit et le grand-père de l'actrice Emmanuelle Laborit.

   11. L'apprentissage, c'est un véritable défi !!! Vous l'avez choisi comme métier, vous ne pouvez vous y dérober. Vous devez redonner au jeune le goût d'apprendre. ( Y. K. ).

    12. Avant que les apprenants ne se concentrent sur un enseignement cognitif, ils doivent se sentir en sécurité sur les plans physique et émotionnel .... Ainsi, la façon dont un apprenant " se sent " par rapport à une situation d'apprentissage détermine le niveau d'attention qu'il y accordera. ( Y. K. ).

    13.  Avant toute stratégie éducative, il est nécessaire de définir la spécificité que l'on attribue à l'être humain. ( Y.K. ).

    14. Il serait souhaitable que notre pédagogie soit plus ouverte au monde, plus humaine, plus authentique et plus tolérante ............ La réalité quotidienne semble bien éloignée de cette version pourtant réaliste du rôle de l'école. Une véritable mutation est donc nécessaire. ( Philippe Meirieu ).

    15. Comment apprendre s'il n'existe pas une résonance affective positive entre l'apprenant et l'enseignant, entre l'apprenant et le savoir ? L'attachement réciproque et la joie dans le travail sont des facteurs majeurs et incontournables dans l'acte d'apprentissage. ( Georges Snyders ).


    Georges Snyders ( 1917 - 2011 ). Professeur honoraire de philosophie et de Sciences de l'éducation à l'Université de Paris, Georges Snyders est un chercheur majeur de l'histoire de la pédagogie.

 

Il est l'auteur de multiples ouvrages dont " La joie à l'école " en 1986 et " J'ai voulu qu'apprendre soit une joie " en 2008 qui montrent le lien entre l'engagement politique et la réflexion pédagogique. Son expérience douloureuse a aussi nourri sa pensée pédagogique et son humanisme. De famille juive, il fut déporté à Auschwitz où sa grande souffrance a été de sentir qu'il allait à la mort par privation de nourriture. Il n'a pas été supplicié, il a juste travaillé au-delà de ses forces. Pour lui, la question de la joie à l'école, d'apprendre avec confiance et allégresse, est fondamentalement une question politique, puisque c'est celle de la possibilité même d'éduquer les citoyens. C'est une voix rare, que caractérise une triple exigence de rigueur, d'honnêteté et de clarté. Il a été décoré de la Légion d'honneur.

    16. Les apprenants peuvent reproduire une démarche parce qu'ils l'ont apprise par coeur, mais sans en comprendre le sens réel. Il vaudrait mieux que les apprenants en sachent moins, mais mieux. Et savoir mieux en mathématiques, en biologie, en français, en .................. c'est comprendre. ( Y. K. ).

    17. Plus que de leur faire lire tel ou tel texte, c'est le fait même d'aimer lire qui, dans un premier temps, est essentiel. ( Y.K. ).

    18. Dictée ou pas dictée, ce n'est pas la question. On ne soigne pas avec un thermomètre, or la dictée n'est qu'un exercice de contrôle. L'orthographe s'acquiert par l'exercice de l'écrit, en écrivant et en corrigeant. ( Y.K. )

    19. Si l'intelligence se bâtit, alors l'apprenant doit être actif, être placé dans des situations de résolution de problèmes, en interaction avec les autres apprenants ( Y. K. ).

    20. Il serait intéressant que l'apprenant puisse recevoir des réponses aux questions qu'il se pose : 
            * C'est quoi, ce qu'on veut me faire apprendre ?
          * Pour apprendre et apprendre bien, qu'est-ce que je dois faire ?
          * Comment est-ce que je sais si je suis sur le bon chemin ?
          * Et si je ne suis pas sur ce bon chemin, comment en suis-je informé ?
          * Et si je commets des erreurs, comment puis-je les corriger ?

    21. J'ai finalement l'impression que le seul apprentissage qui influence réellement le comportement d'un individu est celui qu'il découvre lui-même et qu'il s'approprie. ( Carl Rogers : voir " les grandes pédagogies " ).

    22.  Ce ne sont pas les matières qu'on leur enseigne que les enfants, les adolescents ne comprennent pas, mais les leçons qu'on leur donne. ( Jean Piaget : 1896 - 1980 : voir rubrique " Grands pédagogues " ).

     23. " L'erreur n'est pas de commettre une faute, c'est de la commettre une seconde fois ". Mais pour éviter de commettre deux fois la même erreur, il faut être conscient d'en avoir commise une la première fois. ( Philippe Meirieu : voir rubrique " Grands pédagogues " ).

    24. Le seul moyen de savoir ce qu'il faut faire pour réussir c'est d'analyser ce qu'on a fait le jour où on a réussi et de comprendre pourquoi ce jour-là on a réussi. ( Philippe Meirieu : voir rubrique " Grands pédagogues " ).

    25. Il faut avoir la modestie de ne pas faire du futur la reproduction du passé ... et le courage - certains diront la folie - de ne jamais se résigner à l'échec. ( Y.K. ).

     26. FAIRE quelque chose  qu'on ne sait pas FAIRE pour apprendre à le FAIRE, c'est cela l'apprentissage. ( Philippe Meirieu : voir rubrique " Grands pédagogues " ).

     27. Quand on repose les problèmes, lorsqu'on ne se contente pas d'emboîter le pas, lorsqu'on critique et qu'on essaie d'améliorer : on est toujours sur la bonne voie. ( Célestin Freinet : voir rubrique " Grands pédagogues" ).

    28. Il n'y a de progrès pour nul apprenant au monde, ni en ce qu'il entend ni en ce qu'il voit, mais seulement en ce qu'il fait ( Alain ).

     Alain ( 1868 - 1951 ). De son vrai nom Emile-Auguste Chartier, Alain est un philosophe, journaliste, essayiste mais avant tout un professeur de philosophie français. En 1881, il entre au lycée d'Alençon puis, bien que se destinant d'abord à l'Ecole polytechnique, il opte finalement pour une préparation littéraire qu'il effectue comme externe au lycée Michelet à Paris où il rencontre le Professeur Jules Lagneau qui l'oriente vers la philosophie.

    Après l'Ecole Normale Supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie. En 1892, il est nommé professeur de philosophie et exercera successivement à Pontivy, Lorient, Rouen et Paris. A partir de 1903, il publie dans la Dépêche de Rouen, sous la signature d'Alain, les " Propos du dimanche " puis les " Propos du lundi "  sous forme de chroniques hebdomadaires. Les " Propos " ce sont de courts articles, inspirés par des événements de la vie de tous les jours, au style concis et aux formules séduisantes qui couvrent presque tous les domaines. Alain est un " éveilleur d'esprit " passionné de liberté qui ne propose pas un système ou une école philosophique mais apprend à se méfier des idées toutes faites. Comme professeur de " Khâgne " - classe des lycées qui prépare à l'école normale supérieure - il a exercé une influence profonde sur ses étudiants tels que Raymond Aron, Simone Weil, André Maurois. Jusqu'à la fin des années 30, son oeuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascismes. En 1936, une attaque cérébrale le condamne au fauteuil roulant. Tant par son action de pédagogue prolongée par d'éminents disciples, que par ses " Propos " qui sont oeuvre à la fois de moraliste et d'esthète, il a exercé une forte influence sur le mouvement des idées du 20ème siècle. Alain est encore, aujourd'hui, une référence pour bon nombre  de philosophes.

 29. Supplique de l'apprenant : " Aide-moi à travailler seul ". ( Extrait de : Lettre à une maîtresse d'école, par les Enfants de Barbiana ).

    Barbiana est un petit village s'élevant à 500 m d'altitude sur le versant nord du Monte Giovi, à 30 km au nord de Florence.

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    L'occasion de la lettre fut l'échec à un examen d'Etat de 3 des élèves de l'école de Barbiana. Conçue au départ pour être une lettre de deux ou trois pages, la " Lettre à une maîtresse d'école " se développa très vite jusqu'à devenir un livre. A travers des faits concrets mais également à travers une étude statistique pour laquelle quelques grarçons de l'école se rendirent à Rome au bureau des statistiques, l'ouvrage entend montrer en termes simples mais inattaquables, que l'école, telle qu'elle est menée, avantage dès le départ les enfants de milieux déjà favorisés et qu'elle n'aide pas les enfants de travailleurs à acquérir suffisamment de connaissances pour être capables de parler un jour à égalité avec qui que ce soit. Lette à une maîtresse d'école est un livre qui, dans les années 70, en a secoué plus d'un. Barbiana encore aujourd'hui reste un fameux pari......

    30. Méfiez-vous de ces maîtres qui se plaignent toujours que leurs élèves soient bêtes. Qu'ls ne s'en prennent qu'à eux-mêmes. Qui croit à l'intelligence des autres la provoque et la fait naître. Qui en doute et s'en défie la rend timide jusqu'à la détruire. ( Jean Guehenno ).

     Marcel dit Jean Guehenno ( 1890 - 1978 ). Ecrivain et professeur de nationalité française, fils d'un cordonnier breton, Jean Guehenno a raconté dans " Changer la vie " son enfance pauvre à Fougères.

 

    A 14 ans, son père étant gravement malade, il fut contraint d'abandonner l'école pour s'engager comme employé aux écritures dans l'usine de galoches Bordeau-Tréhu. Cette situation ne l'empêcha pas de continuer à étudier seul, la nuit, après ses journées de travail. En 1907, il obtient son baccalauréat, puis réussit le concours d'entrée à l'école normale supérieure de la rue d'Ulm à Paris et enfin l'agrégation qui lui ouvrirent les portes de l'enseignement secondaire. Cet itinéraire atypique déterminera toute son oeuvre et toute sa carrière. De 1927 à 1944, il enseigne, comme professeur de littérature, dans les plus grands lycées parisiens comme Lakanal, Henri 4 et Louis-le-Grand. Il enseigne en se donnant pour règle de " maintenir ensemble la défense de l'aristocratie de l'esprit et le principe de l'égalité des chances ". De 1945 à 1961, il est Inspecteur général des Lettres à l'Education nationale. Il fut élu à l'Académie française en janvier 1962. Frappé d'hémiplégie en juillet 1978, à la suite d'un discours passionné sur Voltaire et Rousseau lors d'un colloque à Paris, il meurt en septembre de la même année. Jean Guehenno !!! ... un bel exemple de résilience, thème si cher à Boris Cyrulnik.

    Boris Cyrulnik ( 1937 - ....... ). Né, dans une famille juive, le 26 juillet 1937 à Bordeaux, Boris Cyrulnik est un neurologue, éthologue, neuropsychiatre, psychanalyste et écrivain français. Durant l'occupation, ses parents le confient à une pension pour lui éviter d'être arrêté par les Nazis. Mais en 1944, au cours d'une rafle commandée par Maurice Papon, il est regroupé, avec d'autres, à la grande synagogue de Bordeaux.

    Il parvient à s'échapper en se faufilant hors de la synagogue où il sera recueilli par une infirmière. Il sera placé comme garçon de ferme sous le nom de Jean Laborde jusqu'à la libération. Ses parents, eux, mourront en déportation. Cette expérience personnelle traumatisante le poussera à devenir psychiatre.  Responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon - c'est un des pionniers de l'éthologie française, et enseignant l'éthologie humaine à l'Université du Sud-Toulon-Var, Boris Cyrulnik est surtout connu du grand public pour avoir développé le concept " résilience "  ( renaître de sa souffrance / aptitude à rebondir après un traumatisme ). Sa contribution à la science réside dans son engagement : Boris Cyrulnik voit d'abord l'éthologie comme un " carrefour de disciplines ". Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Boris Cyrulnik fait partie de ces hommes qu'une enfance instable et sans famille n'ont pas rendu amer mais au contraire curieux de l'univers du vivant. De ce manque d'identité et de références, il a fait un tremplin qui l'a obligé, pour survivre, à se poser des questions constructives sur la nature humaine et à se chercher dans toutes sortes de milieux sociaux. Ainsi, non seulement Boris Cyrulnik est-il un chercheur de grande stature, mais il est aussi un vulgarisateur scientifique dont la pensée trouve écho auprès d'un vaste lectorat, un être humain qui aura métamorphosé sa blessure en une quête tout entière consacrée à apaiser celle des autres. 

     31. Le marché du travail du 3ème millénaire ne cherchera pas des gens pouvant effectuer un travail répétitif, incapables de prendre des initiatives et sans trop d'autonomie. C'est le contraire ; on recherchera des personnes autonomes et énergiques, capables de solutionner des problèmes et capables de travailler sous une supervision minimale tout en accomplissant les tâches demandées. ( Y. K. ).

    32. APPRENDRE C'EST ACCEPTER DE CHANGER ( Y.K. ).

    33. Le but de tout apprentissage est, me semble-t-il, d'aider l'apprenant à s'approprier des outils dont il puisse se servir de façon autonome pour qu'il ne soit pas le réceptacle passif d'une somme de connaissances qu'il empile sans en comprendre ni le sens ni la pertinence. Car tous les apprenants ne possèdent pas d'emblée les clés du fonctionnement scolaire.

    34. Les savoirs fragmentés sont une idée du 19ème siècle. Aujourd'hui, il y a tellement de choses à savoir qu'il n'est plus l'heure de fragmenter. Il faut au contraire lier pour donner du sens. ( Y. K. ).

 

Yvan Keuwez
Licencié-agrégé en Sciences de l'Education.

 

14:19 Écrit par YK | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

un grand merci pour cet article très riche

Écrit par : ferouni | 16/08/2012

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Cet article résume ce qu'un enseignant en formation doit savoir sur les théories des apprentissages. Merci.

Écrit par : niankoye nieba | 05/02/2014

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Et dire que je ne connaissait pas ce site, vous voila dans mes favoris !

Écrit par : paris sportif | 27/05/2014

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Merci pour cet outil et pour vos publications.je suis enseignant de Didactique Générale dans un Lycée d'Afrique centrale située à l'Est.
Avec cet outil je sais ne plus me prendre en un petit dieu de ma science; prendre l'apprenant comme il se doit en harmonisant mes relations avec lui pour favoriser sa réussite.

Écrit par : BENEDY MUGISHO | 06/09/2014

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Écrit par : BENEDY MUGISHO | 06/09/2014

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Vous me faites le plaisir de me dire que mes articles vous aident dans votre travail au quotidien. Je vous en remercie. Vous pouvez communiquer avec moi via mon email si vous avez quelques questions. Dans quel pays vivez-vous ?

Écrit par : yvan keuwez | 11/09/2014

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Super bien. Est-il possible de recevoir des actualités sur l'éducation ou encore des informations comme celles postées en pdf par mail?

Écrit par : zacharie | 15/05/2015

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Les commentaires sont fermés.